Un deuxième quotidien allemand dresse un portrait catastrophique du Québec
es Allemands persistent
et signent. Leurs plus grands journaux continuent de publier des articles
projetant une image très négative du Québec et de
son nationalisme, le dernier en date proposant un rapprochement entre Montréal
et Sarajevo, entre le Québec et les Balkans, sous le signe du « nettoyage
linguistiques » (sic).
Un peu plus dun mois après la publication, par le quotidien munichois Süddeutsche Zeitung, dun « reportage » sur le Québec qui était en réalité un collage dapproximations, de faussetés et de déclamations sur le totalitarisme latent et lantisémitisme virulent des nationalistes dici, lautre grand journal intellectuel allemand, la Frankfurter Allgemeine Zeitung, se fendait avant-hier dun long papier intitulé rien de moins « Un parfum de Sarajevo flotte au-dessus de la ville cosmopolite de Montréal ».
Malgré cette brutale entrée en matière, larticle ne débouche pas sur une répétition des outrances presque délirantes de la Süddeutsche Zeitung sur « les guerriers antisémites à lavant-scène » et « le Québec, enclave de Vichy » Cette fois, le ton est plus subtil, la langue ordonnée, les faits plus nombreux et moins approximatifs, les chiffres fiables ou à peu près : le chômage au-dessus de 10 % ; Montréal à 69 % francophone ; les 15 000 sans-abri, etc. Mais le ton, empreint dune grande désolation et dune affliction non feinte, ne trompe pas.
Ainsi, larticle force le trait pour marteler lhyperbole selon laquelle Montréal serait littéralement une ville à lagonie, aux prises avec « linsécurité politique » et « la misère économique ». Cela donne une litanie de « vitrines vides, portes barricadées, graffitis haineux » et autres « soupes populaires », sur fond de « panneaux unilingues » et de « police de la langue ».
Ayatollahs de la langue
Par ailleurs, les anglophones de Montréal sont décrits sotto voce comme des victimes à la bonne volonté bafouée, « qui ont appris le français », qui ont « envoyé leurs enfants à lécole française » et qui se sont même imaginez ! « efforcés de fréquenter des amis canadiens-français ».
Hélas, « les ayatollahs de la langue dominent les débats politiques et consacrent plus dénergie aux nettoyage linguistiques quau redressement de léconomie », écrit Leo Wieland, envoyé spécial du quotidien francfortois. « À lheure de la globalisation économique, qui saccorde mal avec une provincialisation politique et des mouvements de divisions anachroniques comme on en retrouve dans les Balkans, plusieurs entreprises ont fui vers létranger. »
Pour faire bonne mesure, le journaliste écrit tout de même que Lucien Bouchard est un premier ministre « plus malléable » que Jacques Parizeau, quelquun qui « fait passer le relèvement de léconomie avant le prochain affrontement avec le Canada ». Par ailleurs Montréal conserve malgré tout « une jeune élite urbaine bilingue et pas encore embourbée dans des débats idiosyncratiques ».
Tout de même, conclut le grand journal de Francfort, « on ne voit pas la lumière au bout du tunnel » dans ce malheureux coin du globe quest le Québec.
Dernière mise à jour : 30 décembre 1999, 11h34