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e mouvement souverainiste
du Québec (Gilles
Rhéaume), apprenant la nouvelle, envoie un télégramme
à la Reine Élisabeth
de Grande-Bretagne pour quelle destitue son représentant à
lAssemblée nationale. Le Congrès juif canadien demande (et
obtient) une entrevue privée avec Jean-Louis
Roux pour le 6 novembre 1996
et lui demande des excuses publiques (il démisionne le 5
novembre 1996 avant de rencontrer le Congrès juif canadien,
rencontre quil fera quand même). Quant à Jean-Louis
Roux, il qualifie son geste passé de « fanfaronnade ».
Il avait clairement indiqué, lors de son assermentation, quil ne
comptait pas remplir son rôle uniquement de façon symbolique,
quil allait poser des questions sur les décrets et les projets
de loi et quil pourrait même refuser de poser sa signature sur une
loi référendaire ou déclaration de souveraineté,
quoiquen décide la démocratie.
Après sa démission, le Premier ministre Lucien Bouchard, comme Daniel Johnson, demande quà lavenir le Québec soit consulté pour le choix du lieutenant-gouverneur, comme le voulait la tradition. Jean Chrétien, quant à lui, maintient que la tradition veut quOttawa « informe » Québec de son choix.
Jean-François Nadeau « note aussi que selon ses propres recherches publiées lannée dernière dans Le Devoir (14 mars 1995), M. Roux a continué à signer des articles profranquistes dans le journal étudiant Le Quartier latin, alors que la Deuxième Guerre mondiale était terminée. Lexistence de la Shoah était alors connue de tous. Pire, le jeune historien souligne que celui qui est devenu sénateur, puis lieutenant-gouverneur, a continué à reprocher à la société dêtre fortement imprégnée de cette idéologie totalitaire avec laquelle il avait personnellement rompu. Cest aussi ce quil racontait à [la revue] Cité Libre. Encore lan dernier [à la veille du référendum], il traitait les intellectuels québécois de sortes de nazis. Il a constamment fait de la projection du passé dans le temps présent. Maintenant, ça retombe sur le nez de celui qui voulait donner des leçons » [Baillargeon].
« Le problème de M. Roux aujourdhui, ce qui devrait le mettre à honte, cest sa duplicité, à triple dose. Il a tenté de gommer son passé. Il a attribué ses vieux démons à ses adversaires politiques pour les salir. Et il ne voit toujours, dans ses dérapages passés, que faute vénielle, fanfaronnade et esprit carabin disait-il hier [4 novembre 1996] dans un lamentable communiqué. [ ]
[Quant aux libéraux fédéraux] [c]hoisir un ancien admirateur dHitler comme symbole du fédéralisme au Québec, dans ces conditions, eût été suicidaire. [ ]
Sil avait été homme dhonneur et sil avait vraiment craint la tentation fasciste, durant la campagne référendaire, M. Roux, au lieu de limputer sans preuve à ses adversaires, aurait témoigné ouvertement de son propre cheminement. Il aurait dit aux Québécois doù il venait et où il allait, et les raisons de ses conversions. [ ] Au contraire, M. Roux ne se repent nullement et nulle part. Tout ce quil dit regretter on nen croit pas ses yeux cest la révélation par LActualité de ses anciennes turpitudes car cela a pu heurter la sensibilité de la communauté juive . [ ]
Lépisode de la croix gammée date de 1942. Comment expliquer quen décembre 1945, dans un éditorial du Quartier Latin, journal des étudiants de lUniversité de Montréal, M. Roux faisait lapologie virulente du dictateur Franco, six ans après lécrasement sanglant des forces démocratiques en Espagne ? Esprit carabin encore ? Fanfaronnade toujours ? M. Roux sest amusé longtemps, avant de se donner des convictions plus présentables. [ ] [La vice-première ministre libérale fédérale Sheila Copps] est bien libre, elle qui adore les symboles creux, dembrasser celui de lhypocrisie et de le trouver digne du Canada. Mais quon ne se surprenne pas, ensuite si les Québécois le méprisent. »
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Dernière mise à jour : 30 décembre 1999, 11h19