
1er juin 1971
14 octobre 1983








juin 1971
- Le gouvernement fédéral soumet aux provinces, lors de
la Conférence de Victoria, un
projet dentente constitutionnelle. Pierre Elliott
Trudeau tente de « rallier Robert
Bourassa à sa cause sacrée [
] il passera bien
près de réussir, mais, refusant de lâcher du lest dans
les revendications sociales [et sécurité du revenu], Pierre
Elliott Trudeau fournit au Québec la raison de son refus.
[
] Trudeau ne lui pardonnera jamais
cet affront, traitant Robert Bourassa
avec morgue, le qualifiant même, un jour de dépit, de mangeur
de hot-dogs
» [Lesage, Gilles. « LApprentissage
malaisé du pouvoir » in : Le Devoir, 3 octobre
1996, p. A8.]
-
- juillet 1971
- LAssemblée nationale adopte la loi du développement
de la région de la Baie de James et crée la Société
de développement de la Baie de James (SDBJ).
-
- 1972
- Pierre Elliott Trudeau obtient
laccord unanime dune formule complexe damendements, permettant aux provinces
de choisir des juges à la Cour suprême et leur reconnaissant
des pouvoirs exclusifs. Peu après, Robert
Bourassa retire son accord.
-
30
octobre 1972
Réélection de Pierre Elliott Trudeau
(libéral), gouvernement minoritaire.
-
- 1973
- Création du Conseil du statut de la
femme du Québec (sous le gouvernement de Robert
Bourassa).
-
29
octobre 1973
Réélection de léquipe de Robert
Bourassa.
-
- novembre 1973
- Le juge Albert Malouf accorde aux
Cris et aux Inuit une injonction interlocutoire qui arrête les travaux
à la Baie de James ; la Cour dappel du Québec renverse
cette décision quelques jours plus tard et les travaux reprennent.
-
8
juillet 1974
Réélection de Pierre Elliott Trudeau
(libéral), gouvernement majoritaire.
-
31
juillet 1974
- Robert Bourassa vote la loi
sur les langues officielles (Official Languages Act)
aussi appelée « loi 22 »
ou, dans son appellation anglaise, « bill 22 »
qui stipule que la langue du travail et de la fonction publique est le
français ; cette loi force les élèves anglophones
à réussir un test daptitude linguistique pour quils puissent
fréquenter lécole anglaise. La loi 22 fait du français
la seule langue officielle du Québec tout en reconnaissant deux
langues nationales : le français et langlais.
-
13
octobre 1975
- Pierre Elliott Trudeau « impose
un contrôle des prix et des salaires, après avoir ridiculisé
le projet un an plus tôt » [« Chronologie
de la vie et de la carrière de Pierre Elliott Trudeau »,
in : Presse canadienne, 29 septembre 2000.]
-
27
janvier 1976
- Le solliciteur général et ministre responsable de lapplication
de la loi sur la langue officielle (loi 22), Fernand
Lalonde, annonce que le français doit désormais
apparaître sur les étiquettes et les affiches publicitaires.
Les étiquettes devront être unilingues françaises,
bilingues ou multilingues, mais les affiches devront être soit unilingues
françaises, soit bilingues.
-
17
juillet 1976
- Ouverture de la XXIe Olympiade :
Montréal est lhôte des Jeux Olympiques :
le Stade est inachevé, 21 pays (africains pour la plupart) boycottent
les jeux ; Nadia Comaneci (gymnaste
roumaine) fait sensation avec deux notes parfaites de 10.
-
15
novembre 1976
Élection du gouvernement de René
Lévesque (parti Québécois) ; 71 députés
sur 110, (au pouvoir jusquen 1985). Déclaration de René
Lévesque : « Je nai jamais été
aussi fier dêtre Québécois ». Robert
Bourassa est défait dans son propre comté (Mercier)
par le poète Gérald Godin.
-
7
mars 1977
- Pierre Elliott Trudeau avoue à
son cabinet que sa stratégie pour garder le Canada uni a été
un échec. [Lire reportage.]
-
5
juillet 1977
- Pierre Elliott Trudeau met sur
pied la Commission de lunité canadienne
(souvent appelée la Commission Pépin-Robarts,
du nom de ses deux coprésidents, Jean-Luc
Pépin et John Robarts).
-
26
août 1977
- La Charte de la langue française,
aussi appelée la loi 101 est
sanctionnée. Le français
devient la seule langue officielle
du Québec [et cest la seule permise dans laffichage commercial].
-
- Adoption de la Loi sur le financement des
partis politiques de René Lévesque
interdisant aux personnes morales de financer les partis politiques sur
la scène provinciale québécoise (« les
caisses occultes ») et limitant à 3 000 $ le
montant dune contribution aux particuliers. Cette loi semblait être,
pour René Lévesque, une
véritable condition de la démocratie.
-
1er
mars 1978
- Entrée en vigueur du nouveau régime dassurance-automobile
du Québec. Désormais, les victimes sont indemnisées
« promptement, sans frais ni traces. » Ce régime
repose sur labsence dimputabilité des criminels de la route (communément
appelé le no-fault). « Avant [cette date],
les victimes poursuivaient les conducteurs fautifs ; aujourdhui,
elles poursuivent la SAAQ » [Société
de lassurance-automobile du Québec] [Bellemare,
Marc. « Le placement du siècle pour lÉtat québécois »
in : Le Devoir, 30 avril 1998, p. A7]
-
23
juin 1978
- Sanction de la Loi sur les consultations populaires (rendant ainsi
possible la tenue de référendums).
-
- juillet 1978
- Pierre Elliott Trudeau présente
son projet de loi constitutionnelle « Le temps dagir »
qui provoque une vive opposition de la part de René
Lévesque et des provinces anglophones.
-
- 1979
- Fondation de lUQAM [Université du Québec
à Montréal].
-
22
mai 1979
Joe Clark (conservateur) est élu
à la tête dun gouvernement minoritaire.
-
4
juin 1979
- Pierre Elliott Trudeau remet sa
démission.
-
27
octobre 1979
- René Lévesque inaugure
du barrage LG-2 [second
barrage de la Grande rivière, lequel sera rebaptisé barrage
Robert-Bourassa] à la Baie
de James. « Invité sur le tard, Robert
Bourassa samène, seul, à pas feutrés,
dans limmense cafétéria du chantier. À peine a-t-il
franchi le seuil de la cantine que déjà les premières
mains se tendent vers lui. Le mot se répand comme une traînée
de poudre : Robert est là ! »
[Tiré din cahier spécial du Devoir
commémorant les chantiers de la Baie de James, présenté
par Hydro-Québec et non daté, p. 12].
-
1er
novembre 1979
- Dépôt, à lAssemblée nationale, du livre
blanc sur la souveraineté-association, un livre de 118 pages intitulé
Dégal à égal La nouvelle entente Québec-Canada.
-
21
novembre 1979
- Une motion de non-confiance dissout
le gouvernement. (Les conservateurs croyaient pouvoir gouverner comme sils
formaient un gouvernement majoritaire, mais les tiers partis, dont les
néo-démocrates, divergent sur des points tels que la privatisation
de Petro-Canada et le budget minceur.)
13
décembre 1979 


- La Cour suprême déclare anticonstitutionnels 3 chapitres
de la loi 101.
-
18
décembre 1979
- Pierre Elliott Trudeau annonce
quil dirigera le Parti libéral aux prochaines élections.
-
20
décembre 1979
- Dépôt, à lAssemblée nationale, de la question
référendaire.
-
10
janvier 1980
- Le parti Libéral du Québec adopte son « Livre
Beige » dans lequel il fait connaître ses revendications
constitutionnelles (dont la principale visée était un fédéralisme
décentralisé).
-
18
février 1980
Élection de Pierre Elliott Trudeau
(libéral) à trois mois du référendum.
-
7
avril 1980
- Rassemblement des Yvette, pour
dénoncer une maladresse de Lise Payette :
« Elle [fait] lecture dun passage tiré dun manuel scolaire :
Guy pratique les sports, la natation, le tennis, la boxe, le plongeon.
Son ambition est de devenir champion et de remporter beaucoup de trophées.
Yvette, sa petite sur, est joyeuse et gentille. Elle trouve toujours le
moyen de faire plaisir à ses parents. Hier, à lheure du
repas, elle a tranché le pain, versé leau sur le thé
dans la théière, elle a apporté le sucrier, le beurrier,
le pot de lait. Elle a aussi aidé à servir le poulet rôti.
Après le déjeuner, cest avec plaisir quelle a essuyé
la vaisselle et balayé le tapis. Yvette est une petite fille obligeante.
Limpardonnable erreur de Lise Payette
[est] dajouter quelle [déteste] Claude
Ryan, le genre dhomme qui aimerait que le Québec soit
rempli dYvette. Il est dailleurs marié à une Yvette,
[elle sappelait Madeleine]
[précise]-t-elle. Dénoncée de toutes parts, elle [sexcuse]
devant lAssemblée nationale. Mais cétait trop peu, trop
tard. Les libéraux [exploitent] la maladresse à outrance
en organisant plusieurs ralliements de femmes indignées, dont celui
du 7 avril 1980, qui a réuni
15 000 personnes au Forum de Montréal. » [ONeill,
Pierre. « Une querelle entre deux Québécois »,
in: Le Devoir, 20 mai 2000, p. A1-A12.]
-
15
avril 1980
- Lancement officiel de la campagne référendaire à
lAssemblée nationale. Le camp du NON est dirigé par Claude
Ryan et le camp du OUI par René
Lévesque.
-
16
avril 1980
- À la Conférence de Vancouver,
René Lévesque accepte
la formule damendement interprovinciale dans laquelle il renonce
au droit de veto historique du Québec en échange
dune compensation financière pour les provinces qui refuseraient
lapplication dun amendement constitutionnel (droit de retrait des
programmes fédéraux moyennant compensation financière).
René Lévesque considérait
que le droit de retrait avec compensation financière équivalait
à un droit de veto (ce qui laissait la porte ouverte au Québec
de décider de ses propres programmes, même différents
du reste du Canada, sans être forcé de contribuer à
ces mêmes programmes pour les provinces canadiennes participantes).
« À ceux qui sinquiétaient dun tel renversement
et rejetaient ce risque historique, on répliquait que les choses
avaient changé et que ce pays ne serait jamais plus le même »
[Roy, Jean-Louis. « Le Québec exclu
et isolé » in : Le Devoir, 6 novembre 1981,
p. 5]
-
21
avril 1980
- Les premiers ministres de lOntario, du Manitoba, de la Saskatchewan
et de la Colombie-Britannique rejettent le concept de souveraineté-association
et refusent den négocier les modalités. Ils affirment toutefois,
du même coup, que « le statut quo constitutionnel est
inacceptable » [Sirois, Alexandre. « Une
chronologie », in: La Presse, p. B7.]
-
14
mai 1980
- Dans un discours au centre Paul-Sauvé, Pierre
Elliott Trudeau sengage formellement à renouveler le
fédéralisme canadien si le NON lemporte lors du référendum
au Québec ; il déclare : « Je
madresse solennellement aux Canadiens des autres provinces. Nous mettons
notre tête en jeu, nous du Québec, nous disons aux Québécois
de voter NON ; nous vous disons que nous naccepterons pas quun NON
soit interprété par vous comme une indication que tout va
bien, que tout peut rester comme avant. Nous voulons des changemenmts.
Nous mettons nos sièges en jeu pour avoir ces changements ! »
Dès lors, la campagne pour le NON prend une ampleur indéniable.
[La Presse, 29 septembre 2000, p. A7. & ONeill,
Pierre. « Une querelle entre deux Québécois »,
in: Le Devoir, 20 mai 2000, p. A1-A12.]
-
20
mai 1980
- Référendum de René
Lévesque (La question référendaire) :
résultat : NON : 59,56 % ; OUI : 40,44 % ;
taux de participation : environ 85 %. Déclaration de
René Lévesque : « Si je vous comprends
bien, ce que vous êtes en train de me dire, cest : à
la prochaine fois ! » [Pierre
Elliott Trudeau reconnaît quune victoire se gagne à
50 % des voix plus une.] En additionnant
le montant dépensé par le gouvernement fédéral
aux dépenses officielles du camp du NON, on estime que le camp du
NON a dépensé 11 millions de dollars en publicité,
soit le triple du montant permis par la loi québécoise. « En
fait, le gouvernement Trudeau a mené une campagne parallèle
illégale à celle du comité officiel du NON, violant
lesprit et la lettre de la loi québécoise sur les consultations
populaires ». Déclaration de Pierre
Elliott Trudeau : « Je ne peux mempêcher
de penser à tous ces tenants du OUI qui se sont battus avec tant
de conviction et qui doivent ce soir remballer leur rêve et se plier
au verdict de la majorité. Et cela menlève le goût
de fêter bruyamment la victoire. » [ONeill,
Pierre. « Une querelle entre deux Québécois »,
in: Le Devoir, 20 mai 2000, p. A1-A12.]
-
12
-
16
septembre 1980
- Conférence des premiers ministres : les chefs fédéral
et provinciaux se réunissent à Ottawa pour négocier
une constitution canadienne ; les divergences sont nombreuses et mènent
à des querelles inévitables.
-
2
octobre 1980
- Pierre Elliott Trudeau annonce
son intention de rapatrier la Constitution du Canada avec ou sans le consentement
des provinces, dadopter une formule damendement et inclure une Charte
canadienne des droits et libertés qui aurait préséance
sur toute loi fédérale ou provinciale, ce qui donne lieu
à une tempête de protestations. Sensuit la mise sur pied
dun comité parlementaire [qui reçoit lavis
de 914 individus et 294 groupes] et force le gouvernement fédéral
à réécrire cinq versions de la Charte [le
gouvernement fédéral doit garantir les droits des peuples
autochtones, légalité entre les sexes et des droits pour
les personnes handicapées]. Pierre
Elliott Trudeau obtient lappui de lOntario et du Nouveau-Brunswick
seulement. Les autres provinces défient linitiative de Pierre
Elliott Trudeau devant les tribunaux. (À la fin
de lautomne 1981, Pierre Elliott Trudeau
demande à la Cour suprême du Canada de rendre une décision
dans la procédure quil a engagé.)
-
Notons au passage quune des articles de cette charte, larticle 23 (quon
appelle aussi parfois « la clause Canada »),
vise à contrer la soi-disant « clause Québec »
de la loi 101. La loi 101 prévoyait, en effet, que seuls les enfants
dont lun des parents avait reçu lenseignement en anglais au Québec
puissent être admis à lécole anglaise. Ainsi, la « clause
Canada » a été incluse de façon délibérée
dans la Charte canadienne des droits et libertés dans le but dannuler
la « clause Québec » et élargir
le droit à lécole anglaise aux enfants dont lun des parents
a reçu lenseignement en anglais nimporte où au Canada [Cette
information provient de : Venne, Michel. « La tromperie
du prof Richards » in : Le Devoir, 5 octobre 1996,
p. A1.].
-
13
avril 1981
Réélection du Parti québécois de René
Lévesque.
-
28
septembre 1981
- Dans une décision partagée, la Cour suprême est
daccord [7 juges contre 2] avec la procédure
engagée par Pierre Elliott Trudeau
[« bien que la résolution ne respecte pas
les procédures normales en matière constitutionnelles »].
De plus, la Cour estime que de réduire les pouvoirs des provinces
sans leur accord contrevient aussi aux procédures normales en la
matière. Or les procédures ont leur importance pour la Cour :
« Les procédures constitutionnelles établies
plus la loi constitutionnelle égalent toute la constitution du pays »
[The Canadian Encyclopedia Plus]. La Cour estime
quil est du devoir dOttawa dessayer de rallier les provinces. Pierre
Elliott Trudeau convoque une dernière ronde de négociations
pour le
2
novembre 1981.
-
2
octobre 1981
- LAssemblée nationale vote (par une majorité de 111 à
9) une résolution demandant
que le changement constitutionnel ne seffectue que sur la base de négociations
« dans le respect des principes et des conventions qui doivent
régir les modifications du régime fédéral canadien »
[Baum, Grégory et al., « Le respect na
plus cours », in : Le Devoir, 20 janvier 1998, p. A7].
-
3
novembre 1981
- René Lévesque travaille
avec les sept provinces anglophones à la rédaction dun nouveau
compromis qui permettrait au gouvernement fédéral dobtenir
une partie de la Charte quil réclamait.
-
4
novembre 1981
- Pierre Elliott Trudeau propose
à René Lévesque
de tenir dans deux ans un référendum sur la formule damendement
et la Charte des droits. René Lévesque
accepte avec enthousiasme. Puis il se rend compte quil a été
victime dun traquenard : « Ça
ne métait pas venu à lesprit que laccord signé
(entre les huit) sen allait au panier» [cité
in : La Presse, 6 novembre 1981, p. A4].
-
4
5
novembre 1981
- La « Nuit
des longs couteaux » : Après dintenses
négociations et une rencontre nocturne des représentants-clés,
le gouvernement fédéral et les neuf provinces anglophones
en viennent à un consensus. Le gouvernement fédéral
et les provinces sentendent alors pour insérer dans la Constitution
des dispositions diminuant les pouvoirs du Québec en matière
de langue et déducation : Pierre
Elliott Trudeau ne retient de lentente interprovinciale conclue
à Vancouver le 16 avril 1980 quune seule chose : le Québec
renonçait à son droit de veto ; dautre part, il refuse
doctroyer au Québec la compensation fiscale (pour les provinces
ne désirant pas se voir obliger de contribuer financièrement
pour des programmes fédéraux) que René
Lévesque avait rendue conditionnelle à labandon
du droit de veto. Pierre Elliott Trudeau
donne pour toute excuse que la nouvelle entente (du 4 novembre 1981) intervenue
entre lui et René Lévesque
(sur le référendum pan-canadien) transformait lentente interprovinciale
(du 16 avril 1980) ; Pierre Elliott Trudeau
modifie donc les règles du jeu comme suit :
- reconnaissance de la perte du droit de veto
pour le Québec ;
- la nouvelle entente (du 4 novembre 1981) annule la compensation fiscale
(que René Lévesque avait
négociée et qui était conditionnelle à la perte
de son droit de veto) ;
- assurance quil y aurait un référendum pan-canadien dans
les deux ans à venir sur la nouvelle Constitution et la Charte
des droits y étant greffée ;
- la Charte des droits et libertés (que René
Lévesque et les sept autres premiers ministres avaient
transformée afin de diminuer lemprise dOttawa sur les compétences
des provinces) doit sappliquer telle quelle a été rédigée
par Pierre Elliott Trudeau lui-même
(on envoie au rebut les allégements proposés lors de la conférence
du 16 avril 1980 et auxquels tous les Premiers ministres avaient consentis).
-
Ce malentendu voulu et recherché par Pierre
Elliott Trudeau et ses stratèges aliénait le seul
vrai pouvoir efficace du Québec pour préserver lui-même
sa culture et sa langue et disposer de son développement au sein
de la confédération canadienne. En acceptant de négocier
de bonne foi, le Québec espérait aller chercher plus de pouvoir
pour assurer son développement ; par cette ruse éhontée
ourdie dans les bureaux du Premier ministre à Ottawa, le Québec
se voyait écrasé sous le poids démographique anglophone
dans lequel allait naître le concept de multiculturalisme, où
le Québec est ravalé comme culture canadienne parmi tant
dautres et comme une province parmi les dix sans plus et sans moins de
pouvoir que ses provinces voisines, et où est nié, après
117 ans dhistoire, le concept de deux peuples fondateurs (que la Grande-Bretagne
avait reconnue implicitement dans lActe de Québec et dans le rapport
Durham).
Quant à la possibilité de retrait dune province dun
programme dOttawa sans compensation financière, René
Lévesque commente : « Tout retrait
entraîne maintenant une pénalité : Les contribuables
dune province non participante auraient quand même à payer
pour des programmes dont ils ne bénéficieraient pas »
[cité in : La Presse, 6 novembre 1981,
p. A4].
- Les provinces sont daccord à ce que Pierre
Elliott Trudeau rattache à la Constitution la Charte
canadienne des droits et libertés, mais la plupart de ses dispositions
pourraient être renversées moyennant un soutien suffisant.
Avec limposition de la Charte des droits, Ottawa force ainsi le
multiculturalisme (le Canada nest plus constitué de deux peuples
fondateurs). À ce sujet, René Lévesque :
« Cest la négation de ce qui constitue la dualité
canadienne depuis 114 ans » [cité in :
La Presse, 6 novembre 1981, p. A5].
- Quant au droit à linstruction dans la langue de la minorité,
le projet initial de compromis prévoyait que le fameux article 23
(celui qui aurait pour effet de modifier la loi 101) ne sappliquerait
quaux provinces qui le voudraient bien. LAssemblée nationale du
Québec, rejette par la suite fermement cette entente presque unanimement.
René Lévesque déclare :
« Il appartient maintenant au peuple québécois
de tirer ses conclusions. Ce qui vient de se passer aura des conséquences
incalculables pour lavenir du Québec et du Canada. »
-
2
décembre 1981
- Le gouvernement fédéral vote en faveur du rapatriement
de la Constitution canadienne. [La Chambre des communes britannique
se prononce elle aussi en faveur du rapatriement du la constitution canadienne
le
17
février 1982].
25
mars 1982
- La Chambre des lords de Grande-Bretagne adopte le « Canada
Bill » autorisant le rapatriement de
la Constitution de 1864. Par ce
vote, le Canada devient un état indépendant. Le texte reçoit
la signature de la reine le
29
mars 1982.
10
août 1982
- Le chef du Parti libéral du Québec et chef de lopposition,
Claude Ryan, remet sa démission
à titre de chef du Parti.
17
avril 1982
- Sans le consentement du Québec, le Canada, en présence
de la reine Élisabeth II du
Royaume-Uni, promulgue officiellement la nouvelle Constitution, dont
seule la version anglaise a cours légal (à
ce jour, une version française na toujours pas été
adoptée). Toute loi provinciale est maintenant assujettie
à la nouvelle Constitution. Toute loi provinciale contraire à
la nouvelle Constitution ou à la Charte des droits et libertés
canadienne peut être renversée, ce qui constitue une perte
de pouvoirs réels comparativement aux pouvoirs garantis par lancienne
Constitution de 1867. Tout amendement
constitutionnel doit maintenant être appuyé par Ottawa et
au moins sept provinces totalisant 50 % de la population. Dautres
revendications du Québec, tels les pouvoirs exclusifs en matière
dimmigration, de communication, des programmes sociaux et des fonds fédéraux
pour les soutenir, sont entièrement ignorées. Bien que le
Québec ne soit pas signataire de cet accord, il sy voit néanmoins
assujetti.
-
30
septembre 1983
- Entrée en vigueur, par une cérémonie à
lAssemblée nationale, de la Charte
québécoise des droits et libertés de la personne
ayant préséance sur toute autre loi de juridiction québécoise.







Dernière
mise à jour : 31 août 2001, 12h12