
22 juin 1960
31 mai 1971








22
juin 1960
Élection de Jean Lesage (parti
libéral du Québec : « léquipe du
tonnerre »), (fin de mandat en 1966);
il préconise le réformisme hardi : « la
révolution tranquille ». Slogan
électoral : « Cest le temps que ça change ».
-
10
septembre 1960
- Marcel Chaput et André
dAllemagne fondent le Rassemblement
pour lIndépendance Nationale [R.I.N.].
-
21
avril 1961
- Sans doute influencé par les « Insolences du frère
Untel » (par Jean-Paul Desbiens
qui dénonce le système scolaire sous tutelle religieuse),
Jean Lesage met sur pied la Commission
Parent.
-
- 1961
- Claire Kirkland-Casgrain est la
première femme élue à lAssemblée nationale.
Elle est aussi la première femme à occuper le poste de ministre
(sans portefeuille) des Transports et des
Communications.
-
- 1961
- Daniel Johnson (père) devient
chef de lUnion nationale.
-
- 1962
- Montréal entreprend les travaux daménagement du métro
[qui prendront fin en 1966].
-
18
juin 1962
John George Diefenbaker (conservateur)
forme un gouvernement minoritaire. Le débat autour de larmement
nucléaire a raison du gouvernement au cours de lannée 1963.
-
14
novembre 1962
Réélection du Parti libéral de Jean
Lesage avec le slogan électoral
« Maîtres chez nous ». Six mois
après cette élection, Hydro-Québec acquiert les sept
plus grandes compagnies de distribution délectricité du
Québec; à la tête du ministère des Ressources
naturelles, on retrouve René Lévesque.
Création de la commission denquête Laurendeau-Dunton
sur le bilinguisme et le biculturalisme.
« Jusquà Pierre
Elliott Trudeau, le Québec et le Canada anglais étaient
considérés comme les deux moitiés égales dun
même tout canadien, avec deux langues et deux cultures. Trudeau
jugeait que cela créait de la division, et il a plutôt adopté
lidée du multiculturalisme. Le Québec devenait une entité
parmi tant dautres. À mon avis, cest ce qui a engendré
les problèmes que nous connaissons aujourdhui [
impasse
constitutionnelle], affirme le professeur Louis Balthazar
»
[« Il y a 30 ans, le Canada élisait Trudeau »,
in : Le Devoir, 20 avril 1998, p. A10]
-
- mars 1963
- LArmée de libération du Québec (ALQ) et le Front
de libération du Québec (FLQ) font sauter leurs premières
bombes (dont la cible symbolise toujours
la présence des Anglais au Québec) : dabord à
proximité de casernes militaires, puis dans des boîtes aux
lettres à Westmount.
-
8
avril 1963
Élection de Lester Bowles Pearson
(libéral).
-
- 1964
- La ministre Claire Kirkland-Casgrain
fait adopter la loi 16 qui met fin à lincapacité juridique
de la femme mariée. (Auparavant une femme mariée ne pouvait
acheter une propriété sans la signature de son mari, ne pouvait
faire un testament, etc.)
-
10
octobre 1964
- « Samedi de la Matraque » :
À Québec, à loccasion de la visite de la reine Élisabeth
II, « répression brutale exercée contre
une foule sans armes » [Beauchemin, p. 18-19].
-
Jean Lesage déclare : « le
Québec cherche à obtenir tous les pouvoirs nécessaires
à son affirmation économique, sociale et politique. Dans
la mesure où les provinces ne poursuivent pas ce même objectif,
le Québec se dirigera, par la force des choses, vers un statut particulier
qui tiendra compte à la fois des caractéristiques propres
de sa population et du rôle plus étendu quelle veut conférer
à son gouvernement » [Cité par
le Bloc Québécois in : http://www.opposition.parl.gc.ca/FR/jalon2.htm].
-
Création du Ministère
de lÉducation du Québec. Le premier Ministre
de lÉducation, Paul Gérin-Lajoie,
déclare : « Sinstruire, cest senrichir ».
-
1er
janvier 1965
- La France reconnaît officiellement la délégation
générale du Québec à Paris.
-
- 1965
- Lester B. Pearson recrute trois
personnalités québécoises prestigieuses (les « trois
colombes ») : le syndicaliste Jean
Marchand et les cofondateurs de la revue Cité Libre,
les intellectuels Gérard Pelletier
et Pierre Elliott Trudeau.
-
- 1965
- Cédant à la pression du Québec, le gouvernement
fédéral vote une loi autorisant le retrait dune province
dun programme fédéral avec compensation financière
[en argent ou point dimpôts]. Ces programmes
visés incluaient aussi lassurance hospitalisation, la formation
de la main-duvre, la santé publique, les pensions de vieillesse,
etc. [Il est à noter que seul le Québec utilisera
ce droit de retrait avec compensation. En outre, cette loi fut critiquée
de toutes parts au Canada anglais parce quelle allouait au Québec
un « statut particulier » implicite.] En 1966,
le gouvernement fédéral verse pour la première fois
un premier versement inconditionnel (plus de 17 millions de dollars) pour
laide aux universités.
-
15
février 1965
- Lunifolié
devient le drapeau officiel du Canada en remplacement du Red
Ensign canadien. (La Chambre des communes lavait adopté
le
10
octobre 1964, le Sénat lavait approuvé le
17
décembre 1964 et le
28
janvier 1965, la reine Élisabeth
II donnait son aval.)
-
- février 1965
- La Commission royale denquête Laurendeau-Dunton
dépose son rapport préliminaire [le rapport
final, en six volumes, sera déposé en 1969]
et recommande :
- de déclarer le français langue
officielle aux Parlements du Canada, de lOntario et du Nouveau-Brunswick,
ainsi que dans ladministration gouvernementale canadienne et les tribunaux
fédéraux ;
- de créer des districts bilingues
là où les francophones sont en nombre suffisant ;
- que les diverses législatures adoptent une loi sur les langues
officielles [Lacoursière, p. 550].
-
8
novembre 1965
Réélection de Lester B. Pearson
(libéral) avec ses trois candidats-vedettes (les
trois colombes). [Il cherchait à augmenter sa
majorité en chambre ; il ne réussira toutefois quà
augmenter sa majorité de 2 sièges il lui en aurait fallu
4 pour devenir un gouvernement majoritaire.]
-
20
février 1966
- Décès tragique du lieutenant-gouverneur du Québec,
Paul Comtois, dans lincendie de Bois-de-Coulonge,
sa résidence officielle.
-
11
mai 1966
- Présententation du rapport de la Commission
denquête sur lÉducation (souvent appellé
« rapport Parent »,
du nom de son président, Mgr
Alphonse-Marie Parent). Le rapport sen prend au système
déducation, lequel ne répond pas aux attentes des jeunes
baby-boomers. Le rapport recommande la création dun ministère
de lÉducation et une structure qui permette de « faire
le pont entre le secondaire et luniversité » [cette
dernière recommendation donnera lieu à la création
des cégeps].
-
5
juin 1966
Élection de Daniel Johnson (père)
à la tête de lUnion nationale, (fin de mandat en 1970). (Certains
trouvent scandaleux quon tiennent des élections un dimanche !)
-
4
avril 1967
- Pierre Elliott Trudeau est assermenté
comme ministre de la Justice (dans le cabinet de Lester
B. Pearson).
-
27
avril 1967
- Ouverture de lExposition universelle de Montréal (« Expo
67 ») qui prendra fin le
29
octobre 1967. Pour accueillir autant de visiteurs (il en viendra
en tout 50 300 000), Montréal réaménage
les voies du réseau routier de la région métropolitaine
et crée de toutes pièces lîle Notre-Dame. Très
innovateur, le billet dentrée à lexposition universelle
se présente comme un passeport que les visiteurs peuvent faire estampiller
dans tous les pavillons [chaque pavillon possèdait
une estampe distincte].
-
1er
juillet 1967
- Centenaire de la confédération canadienne.
-
24
juillet 1967
- En visite officielle, Charles de Gaulle
lance son fameux « Vive
le Québec libre! » depuis le balcon
de lhôtel de ville de Montréal. [Photo,
commentaire.]
-
- août 1967
- Ouverture des cinq premiers cégeps [Collèges
dEnseignement Général Et Professionnel].
-
14
octobre 1967
- René Lévesque rompt
les rangs du Parti libéral.
-
18
novembre 1967
- René Lévesque fonde
le Mouvement Souveraineté-Association.
-
- décembre 1967
- Lester B. Pearson (libéral)
se retire de la politique.
-
- janvier 1968
- René Lévesque publie
Option Québec
(« Pour un Québec souverain dans une nouvelle union
canadienne »).
-
6
avril 1968
- Pierre Elliott Trudeau devient
chef du Parti libéral.
-
20
avril 1968
- Pierre Elliott Trudeau (libéral)
est assermenté comme premier ministre et succède à
Lester B. Pearson ; cest le début
de la trudeaumanie.
-
24
juin 1968
- Lundi de la matraque : 290
personnes sont arrêtées pendant le défilé de
la Saint-Jean-Baptiste, à Montréal.
-
25
juin 1968
Pierre Elliott Trudeau (libéral)
remporte ses premières élections comme chef de parti.
-
26
septembre 1968
- Décès de Daniel Johnson
(père). Jean-Jacques Bertrand
lui succède.
-
12
octobre 1968
- René Lévesque fonde
le parti Québécois à
la tête duquel il est élu président.
-
28
mars 1969
- Manifestation McGill français : plus de 15 000 personnes
manifestent devant luniversité anglophone.
-
1er
avril 1969
- Pierre-Paul Geoffroy, militant
du Front de libération du Québec
(FLQ), est condamné à la prison à vie.
-
14
mai 1969
- Le gouvernement de Pierre-Elliott Trudeau
adopte le « bill omnibus »
touchant à lavortement, lattentat à la pudeur (homosexualité),
les loteries, la conduite avec facultés affaiblies et les armes
à feu.
-
7
juillet 1969
- Le gouvernement fédéral de Pierre
Elliott Trudeau adopte de la loi des
langues officielles (sanction royale : 7
septembre 1969). Cette loi donne au Canada deux langues officielles :
langlais et le français. Elle touche toutes les institutions
fédérales qui devront devenir bilingues ;
lun des objectifs visés est de faciliter laccès à
plus de Francophones à la fonction publique fédérale
(le « French power »).
-
- été 1969
- Jean Lesage quitte la politique
(son parti tangue et prend leau [Lesage, Gilles.
« LApprentissage malaisé du pouvoir » in :
Le Devoir, 3 octobre 1996, p. A8.]).
-
23
octobre 1969
- Dépôt dun projet de loi (loi
63, mieux connue sous son appellation anglaise « bill
63 ») qui devait sappeler « Loi pour promouvoir
lenseignement de la langue française au Québec ».
Tel que libellé lors de son dépôt, le projet de loi
visait à :
- confirmer pour les parents la possibilité de choisir, entre
le français et langlais, la langue dans laquelle lenseignement
sera donné à leurs enfants;
- assurer que les enfants de langue anglaise du Québec acquièrent
une connaissance dusage de la langue française;
- assurer que les personnes qui sétablissent au Québec
acquièrent, dès leur arrivée, la connaissance de la
langue française [Lesage, Gilles. « Le
Bill 63. Tous les Québécois devront savoir le français »,
in : Le Devoir, 24 octobre 1969, p. 1].
- Dès son dépôt, on assiste rapidement à un
tollé dans la population; un groupe contre la loi 63 voit le jour :
Le Front commun du Québec français.
Selon ce regroupement, « donner le choix aux parents équivaut
à donner à la langue anglaise un statut juridique égal
à celui de la langue française ». Dès
le 26 octobre 1969, ce groupe « exige que lAssemblée
nationale proclame lunilinguisme français à tous les niveaux »
[Provost, Gilles. « Un Front commun du Québec
français organise la résistance contre le bill 63 »,
in : Le Devoir, 27 octobre 1969, p. 1].
-
28
octobre 1969
- Lopposition libérale demande au gouvernement du Québec
(sous légide de Jean-Jacques Bertrand)
de surseoir immédiatement à ladoption du principe du « bill
63 » [Lesage, Gilles. « Les libéraux
jugent le bill insuffisant », in : Le
Devoir, 29 octobre1969, p. 1]. (Depuis le
dépôt du projet de loi 63, le Québec connaît
de nombreuses manifestations contre le principe qui sous-tend le projet
de loi, à savoir légalité implicite de langlais
et du français au Québec.)
-
30
octobre 1969
- La CSN [Confédération des Syndicats Nationaux]
retire son appui au « bill 63 ».
-
31
octobre 1969
- Le Front commun du Québec français
organise une manifestation devant le parlement de Québec (à
laquelle un très grand nombre de gens participe); et pour la première
fois depuis la fondation du regroupement, la violence éclate et
la police intervient [Duguay, Jean-Luc. « La violence
éclate devant le parlement », in : Le Devoir,
1er novembre 1969, p. 1].
-
11
novembre 1969
- Deux députés de lopposition libérale, René
Lévesque et Yves Michaud,
font de lobstruction parlementaire pour faire échec au projet de
loi 63 [Roy, Michel. « Filibuster contre le bill
63. La petite opposition multiplie les tactiques »
in : Le Devoir, 12 novembre 1969, p. 1].
-
12
novembre 1969
- Le maire de Montréal, Jean Drapeau,
fait adopter un règlement antimanifestation : il est désormais
interdit de manifester dans les rues de Montréal.
-
18
novembre 1969
- Les débats à lAssemblée nationale autour du projet
de loi 63 senveniment. Depuis le dépôt du projet de loi,
les libéraux René Lévesque
et Yves Michaud réussissent
à imposer de nombreux changements; larticle numéro 4, qui
contenait essentiellement des dispositions dans le secteur de lenseignement,
déborde maintenant largement le secteur de léducation. Le
parlement consent donc à rebaptiser le projet de loi : « Loi
pour promouvoir la langue française au Québec »
[Lesage, Gilles. « Le bill 63. Le débat
à lAssemblée tourne à laigre », in :
Le Devoir, 19 novembre 1969, p. 1].
-
20
novembre 1969
- Adoption du « bill 63 » :
67 pour; 5 contre (dont René Lévesque
et Yves Michaud) ; et 2 abstentions.
-
1er
janvier 1970
- Mise en place de la CUM [communauté urbaine de Montréal].
-
17
janvier 1970
- Robert Bourassa devient chef du
Parti libéral du Québec.
-
- avril 1970
- Coup de la Brinks : À
quelques jours des élections générales au Québec,
le premier scrutin auquel se présente le Parti québécois,
le Royal Trust effectue un très visible transfert de fonds de certains
clients « timorés » de Montréal vers
Toronto à bord de 9 camions blindés (de la compagnie Brinks).
-
29
avril 1970
Élection de Robert Bourassa
(parti libéral du Québec, 72 sièges), (qui axe sa
campagne sur la relance de lemploi et la défense du « fédéralisme
rentable ») ; lUnion nationale (17 sièges), le
Crédit social (12 sièges), le Parti québécois
(7 sièges).
-
5
octobre 1970
- Crise doctobre : Le Front
de Libération du Québec kidnappe le diplomate
britannique James Richard Cross. [Font
partie du groupe : Jacques Lanctot, Marc
Carbonneau, Louise et Jacques Cossette-Trudel,
Yves Langlois.]
-
6
octobre 1970
- Le Secrétaire dÉtat aux affaires extérieures,
Mitchell Sharp, refuse de céder
aux conditions du FLQ pour la libération de James
Richard Cross :
- publication dans les journaux du texte du Manifeste
du FLQ ;
- libération des prisonniers politiques (militants du FLQ) ;
- réemploi des 400 ex-employés de la compagnie Lapalme
(transport du courrier) par le ministère des Postes par suite de
leur mise à pied.
- Le ministre Mitchell Sharp déclare :
« I am hopeful that these criminals will be apprehended and
that the diplomat will be released. Thats our purpose. »
[« Je suis confiant que ces criminels seront
appréhendés et que le diplomate sera relâché.
Cest ce à quoi nous nous affairons. »]
-
7
octobre 1970
- Lecture du Manifeste du FLQ à
la radio de CKAC.
8
octobre 1970
- Lecture du Manifeste du FLQ à
la télévision de Radio-Canada.
-
10
octobre 1970
- 18 h 00 : Le ministre
de la Justice, Jérôme Choquette,
déclare en conférence de presse que le gouvernement refuse
toute négociation avec le FLQ.
- 18 h 18 : Le Front
de Libération du Québec [Francis
Simard, Paul Rose, Jacques Rose, Bernard Lortie] kidnappe
le ministre du Travail et de la main-duvre Pierre
Laporte.
-
11
octobre 1970
- Robert Bourassa laisse croire quil
accepte de négocier avec le FLQ.
-
- nuit du
15
au
16
octobre 1970 [4 h 00 du matin]
- À la demande de Robert Bourassa, Pierre
Elliott Trudeau décrète la Loi
des mesures de Guerre (War Measures Act).
-
16
octobre 1970
- État de siège :
lhabeas corpus est suspendu, larmée canadienne prend le
contrôle complet du Québec et procède à 457
arrestations de citoyens considérés suspects (comédiens,
chanteurs, poètes, écrivains, journalistes, syndicalistes,
etc.). Larmée sinstalle pour assurer la protection des quartiers
riches et des édifices gouvernementaux.
-
17
octobre 1970
- On découvre le cadavre du ministre Pierre
Laporte, assassiné par le FLQ (par strangulation).
-
1er
novembre 1970
- Création de lassurance maladie
au Québec.
-
- 1971
- Loi des jurés modifiée pour permettre aux femmes dagir
comme jurées. Sept femmes du Front de Libération des Femmes
avaient pris dassaut, le 1er mars
1971, le banc des jurés en plein procès. Elles
seront condamnées à la prison mais la loi ne sera modifiée
que quelques mois plus tard.
-
29
mars 1971
- Assassinat de Mario Bachand (faussement)
imputé au FLQ.
-
29
avril 1971
- Robert Bourassa dévoile
son projet hydroélectrique à la Baie
de James. [À noter : ce territoire
sappelle officiellement Baie James,
un anglicisme que le gouvernement du
Québec se refuse à corriger. Par respect pour la langue française
et sa grammaticalité, nous parlerons, dans ce document, de la
Baie de James.]
-
11
mai 1971
- Dépôt à la Chambre des communes dune lettre du
premier ministre Pierre Elliott Trudeau
à son homologue québécois Robert
Bourassa, et disant que le gouvernement fédéral
nhésiterait pas à promulguer de nouveau la loi des mesures
de guerre, si cela savérait nécessaire.







Dernière
mise à jour : 10 octobre 2000, 16h02