
1er juillet 1867
31 décembre 1899








1er
juillet 1867
- Acte de lAmérique du Nord britannique
(réunit les quatre provinces
du Nouveau-Brunswick [capitale :
Fredericton], de la Nouvelle-Écosse
[capitale : Halifax], de lOntario
[capitale : Toronto] et du Québec
[capitale : Québec]). Création
du Sénat ; larticle 93 de lActe prévoit un système
scolaire religieux plutôt que linguistique.
Partout dans la « Province de Québec » on
voit flotter des drapeaux britanniques et on entend chanter le « God
save the Queen ». Les francophones acceptent mal quon se
mette à appeler les Anglais des Canadiens, qualificatif autrefois
réservé aux francophones du Bas-Canada. Narcisse
Fortunat Belleau devient le premier lieutenant-gouverneur du
Québec [lire article de lépoque].
« LActe de lAmérique du Nord Britannique est une loi
anglaise qui prit force de loi, après avoir été votée
uniquement par le Parlement britannique. En principe, et malgré
les statuts de Westminster, elle ne peut être
amendée ou modifiée que par une loi anglaise.
Précisons que si lon excepte ce qui se passe au Nouveau-Brunswick
et à Terre-Neuve, avant la proclamation de la loi, aucune
consultation populaire, référendum ou élection, ne
fut faite sur le thème. Personne au Canada ne fut même
élu avec le mandat de changer la Constitution » [Catela
de Bordes, p. 200-201].
John
A. Macdonald (conservateur) devient le premier premier ministre
du pays.
début juillet 1867
- Joseph Cauchon est choisi premier
ministre. Mais « lantipathie des anglophones québécois
lempêche de former un cabinet » [Lacoursière,
p. 418]. Il sera remplacé le 15
juillet 1867 par Pierre-Joseph-Olivier
Chauveau.
15
juillet 1867
Pierre-Joseph-Olivier Chauveau (conservateur)
devient premier ministre.
6
avril 1868
- Les opposants les plus farouches à la confédération
étaient certainement les Néo-Écossais ; ils avaient
mis les drapeaux en berne le
1er
juillet 1867. « Thomas DArcy
McGee, député de Montréal-Ouest, prononce
en Chambre un vibrant plaidoyer en faveur de la nouvelle Constitution.
Le soir même, alors quil rentre à la pension où il
habite, un Irlandais, Patrick Whelan,
le tue à coup de revolver :
les Fenians irlandais étaient contre ! »
[Catela de Bordas, p. 200] [Fenians :
membres dun mouvement dAméricains irlandais qui émergea
en 1857 qui prônait lindépendance
de lIrlande vis-à-vis de lAngleterre].
15
juillet 1870
- Le Manitoba [capitale :
Winnipeg] devient la cinquième province
canadienne [en vertu de lActe du Manitoba de 1870
et de lImperial Order in Council du 23
juin 1870]. À la même date, les anciens
territoires de la Compagnie de la Baie dHudson [connus sous
le nom de Terre de Rupert et de Territoires
du Nord-Ouest] sont transférés au Canada
et sont nommés Territoires du Nord-Ouest
[capitale : Yellowknife] [en vertu
de lAct of Imperial Parliament et conformément à
lActe de la Terre de Rupert de 1868)
et de lImperial Order in Council du 23
juin 1870].
-
1871
Population
du Québec : 1 1941 516.
Population du Canada moins le Québec :
2 497 741.
-
juin juillet 1871
Pierre-Joseph-Olivier Chauveau (conservateur)
est réélu premier ministre.
-
20
juillet 1871
- La Colombie-Britannique [capitale :
Victoria] devient la sixième province
canadienne [en vertu de lImperial Order in Council
du 16 mai 1871].
11
novembre 1871
- Fondation de la Tribune de la presse
du Parlement de Québec (lune des plus vieilles sinon la plus
vieille au monde).
20 juillet 3 septembre 1872
John
A. Macdonald (conservateur) est réélu.
27
février 1873
- Parce quon le considère comme un premier ministre peu reluisant,
on obtient la démission de Pierre-Joseph-Olivier
Chauveau. Cest Gédéon
Ouimet qui le remplace.
1er
juillet 1873
- LÎle-du-Prince-Édouard
[capitale : Charlottetown] devient la septième
province canadienne [en vertu de lImperial
Order in Council du 26 juin 1873].
22
janvier 1874
Alexander Mackenzie (libéral)
devient premier ministre. Le lendemain du discours du trône, Wilfrid
Laurier sadresse à la Chambre en français. Le
Globe and Mail rapporte : « M. Laurier sest
exprimé en français
il sest adressé à la
Chambre avec lassurance tranquille du parlementaire exercé »
[Catela de Bordes, tome IV, p. 109].
22
septembre 1874
- Un scandale financier force Gédéon
Ouimet à démissionner. Cest Charles-Eugène
Boucher de Boucherville qui le remplace.
7
juillet 1875
Charles-Eugène Boucher de Boucherville
(conservateur) est réélu premier ministre.
1877
- Début de la construction de lhôtel du parlement de Québec.
26
juin 1877
- Wilfrid Laurier dénonce
le parti pris du clergé et lintimidation quil exerce sur les fidèles
(« lenfer est rouge et le Ciel est bleu »).
LÉglise catholique fait parvenir quelques mois plus tard une lettre
à tous les curés leur interdisant « denseigner
du haut de la chaire ou en tout autre lieu quil y a péché
à voter pour un candidat de quelque parti que ce soit »
[Catela de Bordes, tome IV, p. 109].
2
mars 1878
- Luc Letellier de Saint-Just, ministre
libéral à Ottawa, est nommé lieutenant-gouverneur
à Québec. Les relations entre lui et le premier ministre
Charles-Eugène Boucher de Boucherville
sont si tendues quil le destitue. Il nomme le 8
mars 1878 Henri-Gustave Joly de Lotbinière
(libéral) premier ministre.
1er
mai 1878
Henri-Gustave Joly de Lotbinière (libéral)
est élu premier ministre.
17
septembre 1878
John A. Macdonald (conservateur) redevient
premier ministre.
31
octobre 1879
- Henri-Gustave Joly de Lotbinière quitte
la scène provinciale quand le Conseil législatif le pousse
à démissionner. À sa place, J.-Adolphe
Chapleau (conservateur) est choisi pour le remplacer.
1er
septembre 1880
- En vertu de lImperial Order in Council du 31
juillet 1880, tous les territoires et possessions britanniques
en Amérique du Nord qui nétaient pas encore intégrés
au Canada, et toutes les îles adjacentes à ces territoires
et possessions, sauf la colonie de Terre-Neuve et ses dépendances,
sont annexés au Canada.
2
décembre 1881
Joseph-Adolphe Chapleau (conservateur)
est élu premier ministre.
-
8
mai 1882
- Création par décret des districts provisoires dAssiniboia,
de Saskatchewan, dAlberta et dAthabaska [qui deviendront
la Saskatchewan et lAlberta en 1905].
20
juin 1882
John A. Macdonald (conservateur) est
réélu.
31
juillet 1882
- Henri-Gustave Joly de Lotbinière quitte
la scène provinciale pour devenir le lieutenant de John
A. Macdonald. Cest Joseph Alfred Mousseau
(conservateur) qui devient premier ministre.
-
18
novembre 1883
- Adoption de lheure normale (suite à la Conférence de
Washington où il avait été recommandé de « diviser
le monde en 24 fuseaux de 15° chacun, le centre du premier fuseau horaire
étant le méridien de Greenwich [
] En pratique, les frontières
ont maintenant tendance à mieux se conformer aux divisions nationales
et géographiques [
] ; ainsi, à Terre-Neuve, le fuseau
horaire ne diffère que dune demi-heure. » [Thompson,
Malcolm M. « Heure » in : LEncyclopédie
du Canada, Stanké : Montréal, 1987, p. 903])
-
- 1883
- Jugement du Conseil Privé (cause Hodge VS
The Queen) favorise les droits des provinces.
23
janvier 1884
- « Les conservateurs ultramontains obtiennent la tête
de Joseph Alfred Mousseau et simposent
enfin au sein du cabinet du nouveau premier ministre, John
Jones Ross (conservateur) » [Lacoursière,
p. 435].
1885
- Larchevêque de Québec, Mgr Elzéar-Alexandre
Taschereau, interdit les Chevaliers du Travail (Noble
Order of the Knights of Labor), sous prétexte que ce mouvement
ouvrier à caractère plus politique que syndical prône
lagitation, léducation des travailleurs et leur organisation [Provencher,
p. 131].
-
11
mai 1885
- Début de la Bataille de Batoche,
en Saskatchewan, à lissue de laquelle la milice canadienne écrasera
la nation métis, dirigée par Louis
Riel, lors de la seconde révolte du nord-ouest. Quoique
francophone, il sera jugé par un jury anglophone, reconnu coupable
et pendu le
16
novembre 1885 à Régina [Le Devoir,
11 mai 1976, p. 6].
-
16
novembre 1885
- La pendaison de Louis
Riel déclenche une vague de fond nationaliste [canadienne
française]. On prône lidée dun parti national
qui unirait toutes les forces de la nation.
14
octobre 1886
« Le parti de Honoré Mercier
(père) (libéral) lemporte par une faible marge. Les conservateurs
saccrochent cependant au pouvoir. John Jones
Ross (conservateur) tente de se maintenir puis cède sa
place le 29 janvier 1887 »
[Lacoursière, p. 449].
29
janvier 1887
- Honoré Mercier (père)
(libéral) accède enfin au pouvoir. Il forme un cabinet national
[du Parti national, cest-à-dire nationaliste francophone,
en réaction à la pendaison de Louis
Riel].
-
- 1887
- Honoré Mercier (père)
organise la première conférence interprovinciale. La première
résolution vise labolition du droit de
veto du gouvernement fédéral.
-
22
février 1887
John A. Macdonald (conservateur) est
réélu.
17
juin 1890
Honoré Mercier (père)
(libéral) est reporté au pouvoir. « Durant ses
années de pouvoir [1887-1890],
Honoré Mercier est reçu
comme un chef dÉtat dans diverses capitales du monde. Il a droit
aux égards des milieux financiers de New York. Un accueil royal
lattend à Paris où on le décore de la Légion
dhonneur. À Rome, le pape le reçoit en audience privée.
Autant dhonneurs inquiètent le Canada anglais qui craint la création
dun État québécois indépendant. Au Québec,
la population appuie Mercier et ce
dernier remporte une éclatante victoire aux élections du
17 juin 1890 » [Lacoursière,
p. 451].
5
mars 1891
John Joseph Caldwell Abbott (conservateur)
devient premier ministre.
16
décembre 1891
- Les partis fédéraux sinquiètent de tous les égards
dont bénéficie Honoré Mercier,
un nationaliste québécois capable de réussir
à faire du Québec un État indépendant ;
ils cherchent donc à tout prix à le faire tomber. Ils découvrent
le 16 décembre 1891 que la subvention
versée par le gouvernement fédéral pour la construction
du chemin de fer de la baie des Chaleurs (et dont Honoré
Mercier était le bénéficiaire) avait été
en partie détournée par Ernest Pacaud,
le trésorier du parti de Mercier.
Le lieutenant-gouverneur Auguste-Réal Angers
le destitue doffice. « Traduit en justice sous une accusation
de pot-de-vin dans un contrat de papeterie avec J.-A.
Langlais, il [est] acquitté le 4
novembre 1892. Réélu dans Bonaventure en 1892,
il conserv[e] son poste jusquà son décès [30
octobre 1894] » [Dictionnaire des
parlementaires du Québec 1792-1992, Presses de lUniversité
Laval, p. 523; Beauchemin, p. 13; Lacoursière, p. 451].
21
décembre 1891
- Charles-Eugène Boucher de Boucherville
(conservateur) est appelé à remplacer le premier ministre
destitué.
-
- 1892
- Construction, à Québec, du château
Frontenac. Début de lère des tramways électriques
à Montréal.
-
8
mars 1892
Charles-Eugène Boucher de Boucherville
(conservateur) est porté au pouvoir. « Son antipathie
pour Joseph-Adolphe Chapleau qui vient
dêtre nommé lieutenant-gouverneur [décembre
1892] le pousse à démissionner » [Lacoursière,
p. 451].
5
décembre 1892
- John Joseph Caldwell Abbott cède
son poste de premier ministre à John Sparrow
David Thompson (conservateur).
16
décembre 1892
- Le lieutenant gouverneur Joseph-Adolphe Chapleau
nomme Louis-Olivier Taillon
(conservateur) premier ministre.
21
décembre 1894
- Décès du premier ministre John
Sparrow David Thompson. Lui succède Mackenzie
Bowell.
2
octobre 1895
- Création des districts provisoires dUngava, de Franklin, de
Mackenzie et du Yukon.
1er
mai 1896
- Démission de Mackenzie Bowell
(quon accuse de manquer de leadership). Lui succède Charles
Tupper.
11
mai 1896
- Le premier ministre Louis-Olivier Taillon
(conservateur) décide de faire le saut en politique fédérale.
Edmund James Flynn (conservateur) lui
succède comme premier ministre.
23
juin 1896
Wilfrid Laurier (libéral) élu
premier ministre. « Wilfrid Laurier
est un Canadien. Il croit au plus profond de lui-même que les deux
peuples qui vivent dans ce pays ont tout intérêt à
sunir et à chercher ce quils ont de semblable plutôt quà
trop cultiver leurs différences. Wilfrid
Laurier veut que le Canada prenne ses distances face à
la Grande-Bretagne et aux États-Unis » [Catela
de Bordes, tome IV, p. 113]. [Lors
de la campagne électorale, le droit à léducation
en français au Manitoba fait surface ; Wilfrid
Laurier, « politicien habile plus que défendeur
convaincu de la minorité catholique » [Réal
Bélanger], refuse de prendre position clairement.]
Henri Bourassa,
un ultramontain, est élu député libéral dans
le comté de Labelle. (On le surnomme le castor rouge.) Il
se rallie à Wilfrid Laurier à
condition de nêtre pas obligé de voter comme son parti et
que sa campagne électorale soit payée à ses frais.
1896
- Wilfrid Laurier (aidé du
premier ministre manitobain Thomas Greenway)
abolit les écoles francophones séparées du Manitoba ;
il autorise toutefois lenseignement religieux en français (ou dans
toute autre langue étrangère) dans la dernière demi-heure
de cours.
11
mai 1897
Félix-Gabriel Marchand (libéral)
devient premier ministre.
décembre 1897
- « Le gouvernement [de Félix-Gabriel]
Marchand projette [
] une nouvelle
politique en matière déducation et présente en décembre
1897 un projet de loi visant à créer un véritable
ministère de lÉducation. Lévêque de Montréal,
Mgr Paul Bruchési,
sen alarme et presse sans succès Rome dintervenir. La loi est
adoptée par 44 voix contre 19, mais rejetée ensuite par le
Conseil législatif formé dune majorité du Parti conservateur
soumise aux pressions épiscopales » [Provencher,
p. 136].
13
juin 1898
- Création du territoire du Yukon
[capitale : Whitehorse] [en vertu
de lActe du Territoire du Yukon].
24
août
11
octobre 1898
- Conférence à Québec pour régler le contentieux
qui oppose le Canada et les États-Unis à propos de lAlaska.
Une seconde conférence aura lieu à Washington du 7 novembre
1898 au 21 février 1899.
7
novembre 1898
21
février 1899
- Conférence à Washington pour régler le contentieux
canado-américain à propos de lAlaska. Devant limpasse des
pourparlers, on décide de demander à lAngleterre de servir
darbitre. Quand cette dernière donne raison aux États-Unis,
Henri Bourassa devient lennemi numéro
un de lAngleterre ; il déclare : « Si nous
navons pas réussi à obtenir un traitement meilleur et plus
équitable, la faute en incombe entièrement au gouvernement
britannique » [Catela de Bordes, tome IV,
p. 41].
12
octobre 1899
- La Grande-Bretagne entre en guerre contre les Boers.
Les Canadiens anglais veulent aider la « mère patrie »
tandis que les Canadiens français, qui se reconnaissent dans les
Boers, refusent que le Canada se mêle dune guerre qui ne le regarde
pas. Henri Bourassa rejette limpérialisme
de la Grande-Bretagne. Wilfrid Laurier
adopte un arrêté ministériel et met 8 300 soldats
à la disposition de la Grande-Bretagne et lui octroie 3 millions
de dollars [Lacoursière, p. 457 ss]. Cette
solution de compromis lui évite la crise.
Il faut se rappeler que Wilfrid Laurier
avait déjà clairement fait savoir au ministre anglais Joseph
Chamberlain, à loccasion du jubilé de diamant
de la reine Victoria [en
1897] que, dans léventualité
dune guerre entre la Grande-Bretagne et les Boers, le Canada ne sen mêlerait
pas et quil ne mettrait aucunement larmée canadienne à
la disposition de lAngleterre. Quand la guerre des Boers éclate,
Henri Bourassa rappelle à Wilfrid
Laurier son engagement en ces termes : « Cest
parce que les circonstances sont difficiles que je vous demande de rester
fidèle à votre parole. Gouverner, cest avoir assez de cur
pour savoir, à un moment donné, risquer
le pouvoir pour sauver un principe » [Catela
de Bordes, tome IV, p. 85]. Au cours des débats en
Chambre, Henri Bourassa soppose à
ce que la solde payée aux soldats partis pour le Transvaal soit
le taux canadien (plus élevé que le taux anglais). Il se
fait huer par des députés anglophones. Quand il tente de
sexpliquer en français, il se fait crier : « Speak
white ! » [Catela de Bordes,
tome IV, p. 89].







Dernière
mise à jour : 11 janvier 2001, 17h46 HNE.