es sauvages de la province
avait fait leur soumission aussitôt après la conquête ;
ceux des grands Lacs et des territoires de lOhio, plus nombreux et mieux
organisés et aussi plus jaloux de leur liberté, décidèrent
de faire échec à la domination anglaise. Pontiac,
de la famille des Outaouais, et dont les talents de meneur dhommes atteignaient
presque au génie, profita de létat desprit de ses congénères
pour tenter un soulèvement général. Il prit linitiative
dun mouvement, dont le but était de rejeter les Anglais à
lest des Alléghanys et dassurer aux siens, par une confédération
de toutes les tribus sauvages, la libre et entière possession des
territoires des grands Lacs. Le projet ne manquait pas de grandeur et sa
réalisation pouvait avoir de graves conséquences pour lavenir
de lAngleterre sur ce continent.
Au mois de mai 1763 Pontiac, à la tête de milliers de sauvages, ouvrit les hostilités et sempara assez facilement de tous les forts depuis Michillimakinac jusquà Pittsburg. Ils massacrèrent ou amenèrent en captivité les garnisons et les réfugiés vaincus. Ils échouèrent cependant devant le fort de Détroit, défendu par [le général Henry] Gladwin à la tête de quelques soldats et de centaines de Canadiens réunis dans le fort. Les sauvages assiégèrent ensuite le fort Pitt. Le colonel [Henry] Bouquet, chargé de la conduite générale de la guerre, accourut pour dégager la place. Lennemi vint à sa rencontre à Bushy Run et subit la plus sanglante défaite de toute la campagne. Lannée suivante, Bouquet prit à son tour loffensive et porta la guerre en territoire indien, doù il ramena un grand nombre de prisonniers. Pontiac nayant pu soutenir ses premiers succès, les diverses tribus firent leur paix les unes après les autres, et, en 1766, tous les sauvages dAmérique avaient enterré la hache de guerre. Cette guerre fut marquée de part et dautre par de grandes cruautés : Bouquet offrit une prime pour chaque chevelure apportée au camp, et le défenseur du fort Pitt, Ecuyer, suggéra de « couper par morceaux les femmes et les enfants des guerriers qui attaqueraient le fort ».
Dernière mise à jour : 30 décembre 1999, 0h17