es examinateurs du
barreau de la province de Québec refusent la demande dadmission
dAnnie Macdonald Langstaff (1887-1975)
première femme diplômée de la faculté de droit
de lUniversité McGill qui souhaite passer les examens préliminaires
du barreau. Les examinateurs considèrent que seule une révision
de la loi par le Parlement québécois pourrait lever les doutes
relatifs à ladmission des femmes au barreau. Après un nouveau
refus du Conseil du barreau qui approuve la décision des examinateurs,
Annie Langstaff représentée
par Me Samuel William Jacobs
porte la cause devant le tribunal et dépose un bref mandamus pour
obliger le barreau à lui laisser passer les examens. La cause est
entendue devant la Cour supérieure de la province de Québec
en janvier 1915, le président
du tribunal rend son jugement le 12 février
1915 et retient les arguments du barreau considérant
que la loi dincorporation de 1849
ninclut pas les femmes et que seul le parlement pourrait la modifier.
De plus, un tel amendement, sil venait à être adopté,
devrait respecter les dispositions du code obligeant les femmes en pareil
cas à obtenir le consentement de leur mari.
À lautomne, la cause est déposée devant la Cour dappel à Montréal, le 2 novembre 1915, à la majorité et non à lunanimité. Les 5 juges qui y siègent rejettent la requête dAnnie Langstaff et renvoient laffaire sur le terrain législatif. La dissidence du juge Joseph Lavergne revêt une importance considérable en faisant la démonstration quune personne en autorité peut se prononcer en faveur de ladmission des femmes au barreau. La cause devient désormais politique et cest au parlement de Québec que se jouera lavenir des femmes de profession jusquen avril 1941. [Gallichan,Gilles, Les Québécoises et le barreau, lhistoire dune difficile conquête 1914-1941, Septentrion, 1999, chap. II. Voir les dates 1941 et 1942 et Ces femmes qui ont bâti Montréal, p. 172-173]
Dernière mise à jour : 29 janvier 2000, 00h21