emme et Noire, immigrante,
Anne Greenup faisait partie dun groupe
doublement opprimé au moment où elle fondait le Coloured
Womens Club de Montréal en 1902.
Il sagissait alors de la première association de femmes noires
au Canada. Elle était vouée à lentraide, à
la lutte contre la pauvreté et les exclusions.
Presque cent ans plus tard, le ministre de la Citoyenneté du Québec, André Boisclair, a tenu hier à rendre hommage à cette femme qui, dit-il, « par ses réalisations, sert de modèle à lensemble des Québécois et des Québécoises, et qui incarne par ailleurs des valeurs qui sont précieuses pour notre société », dans le cadre du Mois de lhistoire des Noirs du Québec.
Née aux États-Unis, Anne Greenup est arrivée au Québec à la fin du siècle dernier, et cest avec six autres Américaines quelle fonda le club quelques années plus tard.
« À lépoque, une femme noire, même si elle était détentrice dun doctorat, ne pouvait devenir autre chose que domestique, et recevoir un salaire très bas. Et les hommes noirs ne faisaient pas tellement plus dargent », de témoigner Blanche Baird, qui, à 92 ans, est aujourdhui la plus ancienne membre du club.
Or, depuis les débuts du Coloured Womens Club, la situation des femmes noires sest passablement améliorée, dit-elle.
Au moment de la création du club, les femmes noires, qui vivaient dans des conditions difficiles, et qui étaient souvent femmes des employés des chemins de fer, étaient même exclues des réseaux de solidarité existants, rappelait hier Lucille Grand, présidente du Coloured Womens Club daujourdhui.
Parmi les services quil rendait à lépoque à la population du quartier Saint-Antoine, qui sappelle aujourdhui Saint-Henri-Petite-Bourgogne, le club tentait de venir en aide à des étudiants noirs dont les parents narrivaient pas à financer les études. Les femmes ont également organisé des refuges pour les soldats revenant de la guerre des Boers, distribué des soupes populaires, travaillé dans les hôpitaux, conseillé les mères célibataires, et sont venues en aide aux sans-abri et aux sans-emploi.
Aujourdhui, le club célèbre ses 95 ans. Il accompagne encore les jeunes et les personnes âgées dans le besoin.
« Nous avons moins de travail à faire parce que la communauté noire vit mieux quavant », dit Mme Baird.
Dernière mise à jour : 29 décembre 1999, 22h24