ans le cadre de cette
série qui fut diffusée tous les soirs de la semaine du 28
avril, nous eûmes notamment loccasion dentendre le chansonnier
Claude Gauthier, mercredi le 30 avril, interpréter un pot-pourri
de quelques-unes des chansons de son très beau répertoire.
Mais quelle ne fut pas ma surprise de constater que ses deux plus grands succès depuis lors devenus de véritables « classiques » de la chanson québécoise, au même titre que « Gens du Pays » de Vigneault, « La Manic » de Georges Dor, « Moi mes souliers » de Leclerc, « Le petit roi » de Ferland, « Frédéric » de Léveillée ou « Bozo-les-Culottes » de Raymond Lévesque ne furent pas intégrés à ce qui aurait pu être un beau moment de riche nostalgie. Jai ici nommé, bien sûr : « Le plus beau voyage » et « Le Grand six pieds ».
Dans luvre de Gauthier, ces deux textes sont effectivement devenus des immortelles. Aussi, il mest impossible de croire que labstention dont fit preuve le chansonnier émanât de lui en propre. Je ne puis interpréter la chose autrement que comme étant la conséquence expresse dune requête de RDI lui interdisant doffrir lesdites chansons en la circonstance. On sait fort bien, faut-il le rappeler, que ces deux « hymnes » constituent de véritables déclarations damour au pays de Félix Leclerc (« Je suis Québec Mort ou Vivant ! », y entonnait-il) « sceaux » pour ainsi dire indélébiles sur les années fébriles de la Révolution dite Tranquille (allitération en sus ).
Aussi, comme citoyen du Québec dabord, contribuable ensuite, et enfin contributeur au câble à titre de client-payeur, je demande à la direction déclairer son auditoire sur cette situation totalement inacceptable. Le cas échéant, je réclame que vous confirmiez cette « carence » comme étant bel et bien le corollaire ponctuel de lintransigeance RDIenne et hertzienne tout à la fois à légard du grand Claude.
Je reste convaincu que lauteur naurait jamais fait ce choix neût été lexigence ferme de RDI de le bâillonner en bonne et due forme. Attitude tout à fait désolante et digne de Républiques de courte démocratie. Et si par la présente je prends peine de vous interpeller de la sorte à propos de cet « incident » bien circonscrit, cest précisément parce que ce type dattitude (quoique de subliminale façon le plus souvent) devient de plus en plus fréquent sinon monnaie courante au sein de la SRC/RDI.
Votre propagande par abstention, gardez-la pour vous!
Ou pour le premier ministre du Canada.
1er mai 1997
Jean-Luc Gouin
Dernière mise à jour : 29 décembre 1999, 20h12