Vrai/ment
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Le véritable argumentaire débute plus bas sur
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« Bionix Cells For Men » (Montréal, Québec)
e croyez-vous pas quil
serait pertinent et respectueux de votre clientèle, vous qui êtes
situés dans la principale cité du Québec, que de vous
donner une raison sociale française (ou au moins « également »
française) ? Vous aliéner votre marché « local »
est-il dans vos vues ?
Votre double site (à peu près) bilingue ne répare rien du tout.
Salutations.
Jean-Luc Gouin
Québec
6 avril 1998
Bonjour M. Gouin
Je vous remercie de lattention que vous portez à notre compagnie et à notre image de marque. Je suis désolé du délais de réponse à votre message, nous avons eu quelques problèmes techniques avec notre serveur américain.
Ne croyez-vous pas quil serait pertinent et respectueux de votre clientèle, vous qui êtes situés dans la principale cité du Québec, que de vous donner une raison sociale française (ou au moins « également » française) ? Vous aliéner votre marché « local » est-il dans vos vues ?
Le nom de notre compagnie est : NFH Gestion. La raison sociale Natural, Fitness and Health a été adoptée dans un but purement marketing. En effet, notre principal public-cible est les Américains ; vous aurez remarqué que le design général du site web va aussi dans ce sens : couleurs bleu-blanc-rouge, étoiles dans la bannières principales, etc.
Ce produit est en vente depuis plusieurs années et il sest avéré que la demande provient presque exclusivement des États-Unis. Si nous avons fait un site en anglais ET en français, cest précisément par respect pour notre langue, pour notre culture et pour nos racines. Dailleurs, le site a été construit principalement dans la langue de Molière avant dêtre traduit pour les anglophones.
Est-il essentiel davoir une raison sociale francophone (ou également française comme vous le mentionnez) pour faire des affaires sur Internet ? Lorsquon sait que la majorité et même la presque totalité des internautes comprennent langlais et peuvent naviguer aisément sur Internet, nous croyons que notre raison sociale mise en évidence (Natural, Fitness and Health) est facilement compréhensible pour tous.
De plus, nous ne croyons pas que notre raison sociale puisse nous aliéner notre marché « local ». Internet est un marché « planétaire », safficher sur Internet nest pas safficher seulement quau Québec, seulement quen Amérique du Nord, cest safficher globalement ! Nous devons penser « planète », nous devons cesser de croire que le monde tourne autour de notre cour ! Langlais (malheureusement) est une réalité incontournable à laquelle nous devons faire face en tant quentrepreneur réaliste et citoyen dune même planète.
Votre double site (à peu près) bilingue ne répare rien du tout.
Vous faites sûrement allusion à la version précédente du site (partie anglophone). Je vous invite à retourner sur la partie anglaise :
Merci encore pour les commentaires constructifs !
Gilles Tanguay
12 avril 1998
Je vous remercie, M. Tanguay, de votre courrier. Il moffre lopportunité darticuler un peu plus mes idées sur ce délicat sujet.
La présente cependant, dailleurs un peu longuette, ne sera pas une réplique spécifique à votre message. Elle constitue plutôt une réaction globale à un climat ambiant et généralisé qui perdure en la matière (lequel sexhale par le biais de nombreux clichés, contre-vérités et poncifs vérifiés par personne), et dont votre discours constitue (de bonne foi, je crois) une assez fidèle illustration. Aussi, veuillez ne pas recevoir cette lettre comme une manière de « réprimande » personnelle. Ce texte sans prétention sadresse à tout interlocuteur susceptible de partager vos vues. À ce titre vous faites ici figure, M. Tanguay, permettez la formule un tantinet instrumentale, de cause occasionnelle.
En un mot, et pour revenir à notre objet : On communique en anglais pour se convaincre ensuite soi-même que cest en anglais que « ça se passe » Or si les Français, les Suisses et les Belges romands, les Sénégalais, les Tchadiens, les Haïtiens, les Acadiens, les Québécois décidaient de communiquer en accordant priorité à leur propre dignité, ne croyez-vous pas quil y aurait autre chose que de langlais sur inforoute ? Et si les Chinois, et si les Russes, et si les Espagnols, et si les Arabes, et si et si cessaient décrire en anglais. Si tous les Gilles Tanguay Eh bien oui ! On verrait que linforoute nest pas anglaise du tout. La puissance de linforoute anglophone ne réside pas dans la langue anglaise : elle réside dans lassujettissement volontaire de quelques milliards dindividus. Asservissement à une fiction de lesprit, qui plus est.
Langlais triomphe par défaut. Par défaut ? Que dis-je ? Par aveu de forfait de l« adversaire ». Lequel na pas même envisagé un seul demi-instant dengager la lutte contre son propre anéantissement. La solution de lun dans la dissolution de tout autre.
Mais plus précisément
Est-il essentiel davoir une raison sociale francophone (ou également française comme vous le mentionnez) pour faire des affaires sur Internet ?
Essentiel ? À
cet égard (« faire des affaires »), probablement
pas. Essentiel pour le respect de soi, de sa propre langue et de sa culture ?
Très certainement, il mest davis. Par respect de sa (ses) clientèle(s)
aussi. Ce qui nest certes pas rien. Si votre produit est bon, ce nest
pas parce quil porte un nom anglais (une marque de commerce ou une raison
sociale) quil sera supérieur ou préférable. Les Américains
(ou les Chiliens, ou les Finlandais) sabstiennent-ils dacheter du Veuve-Clicquot,
du Chanel ou du Saint-Laurent parce que
ce nest pas du Widow ou
du Saint-Lawrence ???
Lorsquon sait que la majorité et même la presque totalité des internautes comprennent langlais et peuvent naviguer aisément sur Internet [ ]
Voilà un mythe
que lon galvaude partout et constamment. À tort et à travers.
Près de 6 milliards dindividus peuplent la terre: Cest six
mille millions de personnes. Quelques centaines de millions comprennent
langlais (et très approximativement pour un fort nombre). Cest
une fraction du Tout : moins de 9 %. Dans un ordre rigoureux
de grandeur, cest tout comme si on disait quau Québec ce doit
être anglais parce que les anglophones représentent 8,8 %
de la démographie nationale
Cela dit, langlais nest pas la langue
maternelle de la majorité de ces internautes dont vous mentretenez.
Pourquoi alors tous ces gens se « marcheraient-ils sur le cur »
en utilisant une langue qui leur est systématiquement seconde (ou
tierce sinon plus) ? « Lorsquon sait
», dites-vous.
Justement: on ne sait pas ! On simagine. On se poudre-aux-yeux comme
ma belle se poudre le nez ou un vieil ami lintérieur du même
appendice.
Car par préjugé, aveuglement, facilité ou paresse intellectuelle, mollesse idéologique, faiblesse du sens politique et citoyen, ignorance, voire mépris de soi ou servilité sinon confusion mentale, et que sais-je encore une proportion très élevée dinternautes opte pour la langue de Bill Clinton (et de Celine Dion) sans quil soit possible de présumer de leur capacité et de leur pouvoir réels de sexprimer autrement. On ne sait pas du tout quel est le « potentiel non-anglais » de tout ce beau monde. Et on donne ainsi théoriquement existence à lidée préconçue (« Au commencement le verbe » ?) en alimentant celle-ci de notre propre « délangagement » comme on dirait désengagement. On serait pratiquement tous des francophones sur Internet (ou des hispanophones, quimporte), que lon persisterait quand même à croire mordicus que le réseau des réseaux est une inforoute quasi exclusivement anglaise. On saura vraiment qui parle quoi quand tout un chacun aura suffisamment dhonneur et de fierté pour « paroler ce quil est ». Lui. Ou elle. Actuellement il serait tout à fait plausible, en effet, à partir dune étude des contacts inforoutiers entre Européo-français (Suisses, Belges, Luxembourgeois, Français ), den conclure quil ny a, ou peu sen faut, que des anglophones en ces pays Cest à se demander si MM. Chirac et Jospin ne discutent pas dans la langue de Madonna. (Paradoxe en corollaire et peut-être à méditer : de tous les francophones, les Québécois sont de loin les plus bilingues français / anglais. Or ce sont pourtant les seuls francophones, mutatis mutandis, et du haut de leur petit sept millions, à investir massivement linforoute en français).
De plus, nous ne croyons pas que notre raison sociale puisse nous aliéner notre marché « local ». Internet est un marché « planétaire », safficher sur Internet nest pas safficher seulement quau Québec, seulement quen Amérique du Nord, cest safficher globalement ! Nous devons penser « planète », nous devons cesser de croire que le monde tourne autour de notre cour ! Langlais (malheureusement) est une réalité incontournable à laquelle nous devons faire face en tant quentrepreneur réaliste et citoyen dune même planète.
Désolé !
M. Tanguay. Mais voilà encore des idées stratifiées,
tendancieuses, emberlificotées et peut-être même confuses.
Ne pas « oser » sexprimer dans sa propre langue,
cest plus que saliéner son propre « marché local » :
cest saliéner soi-même. Cest se dépersonnaliser
pour présumément mieux réussir. Or si cest ça
la réussite, je dis : Vive lÉchec ! Sil faut
sécraser pour être tout en haut, quelle est la valeur dune
pareille entreprise ? En outre, si ce nest pas démontrer peu
de respect pour ledit marché local que de lui imposer une raison
sociale (entre autres) qui ne relève pas de sa langue, alors ne
croyez-vous pas, a contrario, que ce ne serait pas saliéner le
marché « autre » (et notamment étatsunien)
que de lui présenter un produit dont le nom nest pas anglais ?
Pourquoi ce qui est bon pour lun (un produit « non-français »
offert par des Québécois à des Québécois !)
nest pas valable pour lautre (offrir un produit français à
des non francophones. Comme Givenchy ou Saint-Émilion grand cru
classé
) ???
Incidemment, à propos de laliénation du « marché local », je vous invite sérieusement à réviser vos certitudes vis-à-vis dune clientèle que vraisemblablement vous considérez captive. Exemples. Depuis que la beauceronne « Vachon », il y a quelques années, a troqué ses millefeuilles pour des « Passion Flakie » et ses barquettes de confiture pour des « Good Morning », pas un produit de cette compagnie nest entré ni chez moi, ni dans mon estomac. Je nai jamais mis les pieds non plus dans un « Red Lobster » ou un « Pizza Hut » : quand on dessert une clientèle, cest la moindre des choses que de linterpeller, de linviter, dans sa langue. Je nai, naurais ou naurai rien contre Vachon faisant fortune avec ses Flakies aux États-Unis. Bien au contraire. Mais cest mépriser profondément les Québécois que, du même élan, les assujettir au même traitement. Cest là que cest dangereux, insidieux, et notamment parce que subliminal (« La perte de lâme est indolore », ainsi que je me plais [?] à le rappeler de Gustave Thibon). Comme sil fallait, entre Québécois, entre francophones, commercer en anglais pour mieux vendre à Chicago, Seattle ou San Francisco. Ce nest plus de la bêtise. Cest de la folie furieuse. Cest surtout la perte de tout amour propre. Et dans lespace désormais vacant de cette perte, cest fort sale croyez-men.
Voilà pourquoi aussi Zellers et plusieurs autres chaînes ne recueillent pas mon patronage: quand je lis ici des circulaires publicitaires massivement bilingues, et partout unilingues anglaises en Canada hors-Québec, quest-ce donc sinon du mépris pour ce que nous sommes ? Canada bilingue, of course: anglais là et bilingual ici. La compagnie Kelloggs, par exemple (contrairement à plusieurs autres céréaliers), ne sest jamais préoccupée daccorder des appellations également françaises (marques de commerce) à aucun aucun ! de ses très nombreux produits. Tout comme les Sun Life et autres Standard Life (au plan des raisons sociales) qui pullulent par milliers. « La Métropolitaine » et la « Canada Vie » ne furent pas confinées à la faillite pour autant, que je sache. Elle se tape tout de même des millions de dollars de profits annuellement avec nous, la Kelloggs, et ce depuis des décennies. Ne croyez-vous pas, M. Tanguay, que si à peine quelques milliers de Québécois décidaient sur-le-champ de refuser dêtre ainsi traités et que des « hurluberlus » comme moi devenaient tout à coup un rassemblement dindividus (comme vous !) au pouvoir économique réel et conscient que la fameuse Kelloggs ferait en 48 heures ce quelle a refusé obstinément, opiniâtrement, le siècle durant ? Et pourtant, cette arme ne tire pas le feu, ne lacère pas les chairs ni ne fracasse les vitrines. Elle nélève même pas la voix. Cette arme sappelle : dignité. Monsieur, le monde nest pas anglais. Il est ce quon le laisse être, ce quon le pense être surtout. Tout au bout de notre champ on peut, avec Vigneault, planter un chêne. Ou dans linsouciance (et lacculturation) ô ortie vénéneuse cultiver la lâcheté.
Vous le dites : « Internet est un marché planétaire ». Mais par quel sophisme ou perversité de lesprit en arrive-t-on à confondre planétaire et anglo-américain ? Le Québec nest pas le centre du monde. Vous avez tout à fait raison. Mais, M. Tanguay : les États-Unis non plus ! Il se parle près de 6 000 langues actuellement sur la Planète, et près de deux cents États y coexistent. Le monde, précisément, ce nest pas un pays unique et ce nest pas une langue exclusive. Ni une seule culture, fût-elle celle de largent comme divinité.
Il ne me viendrait pas pour autant à lesprit de vous reprocher de communiquer en anglais avec des Américains ou en lituanien sur les rives de la Baltique (mon message initial, vous vous en souviendrez, portait sur votre raison sociale). Là ou le bât (me) blesse, cest destimer quon doit évacuer ce quon est soi-même pour supposément « communiquer » avec le monde. Lorsque lhumanité en arrive à croire quil faut, à terme, tuer les langues et les cultures pour sinféoder enfin à une seule (car cest leffet logique et irréversible de cette procédure : suite à la décision déchanger continuellement en anglais avec « le monde », nous en viendrons forcément à la conséquence quil est inutile sinon parfaitement ridicule délever nos propres enfants dans une autre langue, tierce et alors médiocre comme par définition), cest quelle a totalement perdu le sens même de ce mot : Humanité. Sous le couvert de « penser planète », comme vous lécrivez, M. Tanguay, on pense uniformément (sinon « uniformismement ») la dictature dune seule langue et, subrepticement, dune seule vision. Au nom de l« ouverture au monde », les Espagnols, les Allemands, les Russes, les Français, les Québécois nentendent plus, par exemple, que de langlo-américain sur leurs milliers dantennes radio, télé et satellite. Au nom de louverture, on bâillonne les 5 999 autres langues. Vous avez raison : il faut voir plus loin que sa cour. Mais plus loin que son nez et son portefeuille aussi.
Nous nous conduisons tous comme des valets en nous introjectant le discours « économico-usaïen » du maître. Et ce afin sans doute de justifier rétrospectivement à nos propres yeux et surtout devant le tribunal de notre propre conscience notre volontaire servitude. Bref, linforoute est massivement anglaise parce que des dizaines de millions dinternautes non anglophones abordent linstrument avec la conviction a priori quelle est ainsi. Et ceux-ci construisent illico des sites en anglais pour communiquer en anglais. Même au sein de discugroupes (groupes de discussion) français Et ça donne entre autres des Suisses qui mettent au panier leurs quatre langues officielles pour se mettre à une cinquième. Et vive les Swiss Air et les Swiss Brass ! Il serait littéralement impossible de savoir que la Belgique est largement française si on tentait de la connaître par le grand Lacis. Et cætera. On sécrase pour « tendre la main » au monde. Mais dites-moi, qui veut vraiment de pareils invertébrés comme amis ???
On détruit toutes les différences, on se prosterne devant un « marché » (de dupes surtout), on dénie ce que lon est. Et tout ça pour, dit-on, « communier avec la planète ». Aux antipodes de louverture au monde, la planétarisation constitue au contraire la plus universelle des déresponsabilisations de tout un chacun. Lindividu possède un pouvoir (et réciproquement: des devoirs) face à son milieu familial, ses liens de tous ordres, notamment affectifs, lactivité locale et municipale, ainsi quau sein de lÉtat dont il est le citoyen. Par-delà, il est flocon de neige en poudrerie. On ne peut être de partout quand on est de nulle part. On est citoyen dun État mais rien de plus quun marchand au mieux au sein de la Planète. Alors, louverture au monde et la soi-disant dénombrilisation, moi vous savez
Le monde est la somme des ici. Pas leur mutuelle annulation.
Pourquoi croyez-vous que les pays qui sen sortent le mieux, à tous égards (et pas seulement au plan économique, qui nest dailleurs pas, faut-il le rappeler, une fin en soi), ce sont les nations de petite taille ? Des pays qui incidemment ressemblent infiniment plus au Québec quà la Chine, la Russie, lInde, les États-Unis ou le Canada. L« amour de lhumanité » constitue sans doute larme la plus redoutable de toutes les transnationales multi-milliardaires du Globe. Car pendant que nous nous targuons dêtre « citoyen du monde » (et que symétriquement nous nous employons à dénigrer vertueusement notre « petit Moi haïssable et local ») nous nous offrons pieds et poings liés à une sphère purement économique, occulte par surcroît (la démocratie devient un passe-temps puéril pour les États dépossédés à la faveur du vrai pouvoir ainsi réorienté), à laquelle nous avons abandonné toute capacité de compréhension des événements et dintervention sur ceux-ci. Même les États, en effet, deviennent largement impuissants Au nom de lunimonde. Un monde comme jamais aplati aux deux pôles, ainsi que nous lapprenions en petite école. Un jour, vous verrez, on donnera raison aux compagnons de Christophe Colomb : elle re/deviendra vraiment plate. Comme un écran dordinateur pratiquement réduit à deux dimensions. Les vendeurs et les acheteurs, sans doute (plus besoin damants: les bébés se fabriqueront en éprouvettes).
Dans la « rencontre de tous » sagite la plus implacable destruction. Car une humanité sans lieux sans ancrages et sans racines (comme la langue et la culture) pour lesquels on serait prêt à se battre comme on le ferait pour ses propres enfants est une humanité sans hommes réels. Ce nest plus alors quun troupeau sur une boule de billard qui roule dans le vide stellaire sous le butoir constant et imprévisible dune queue. La « Planète » dont on parle tant, M. Tanguay, nest pas celle de lUnion de ses locataires. Cest celle de la plus raffinée, de la plus machiavélique des Déstructurations du lien humain. Celle de labdication de lhomme. Désormais lié à «tous» en ne létant plus à un « Vous », un « Toi » ou à un authentique « Nous » dont il se sentait jusque-là responsable et le protégé tout à la fois. Comment « personne » (nobody), en effet, pourrait réussir à communiquer avec qui que ce soit.
Un univers sans lieux sera lemplacement du non-lieu définitif face à laccusation, quoique ferme, de lâcheté de lhomme face à lui-même. Car lhomme ne sera jamais aussi faible et impotent que lorsquil sera réduit au statut universel de Terrien ou, dit autrement, dun « Rien sur terre ». Avant que de retourner rien de terre, puis enfin rien en terre. Continuité. Insensiblement.
Jusquau doux repos enfin de linsupportable.
Jean-Luc Gouin
Québec,
13 avril 1998
Dernière mise à jour : 29 décembre 1999, 20h21