






août 1959
- Françoise Berd fonde à
Montréal lÉgregore,
compagnie de théâtre.
- 1961
- Claire Kirkland-Casgrain est la
première femme élue à lAssemblée
nationale sous la bannière du Parti libéral. Élue
députée à une élection partielle dans le comté
de Jacques-Cartier, elle est aussi la première femme à occuper
le poste de ministre (sans portefeuille) des Transports et des Communications.
-
- 1962
- Alice Girard (19071er
janvier 1999) est la première femme à assurer un poste
de doyen à lUniversité de Montréal. Fondatrice et
première doyenne de la faculté des sciences infirmières
de cette université, elle en a assuré la direction de 1962
à 1973. Docteure honoris
causa de lUniversité de Toronto et de lUniversité de
Montréal, elle fut la première Canadienne à présider
le Conseil international des infirmières à Genève.
[Kérouac, Suzanne. in : Le Devoir, vendredi
22 janvier 1999, p. A9]
-
- 1964
- Adoption de la loi 16 qui met fin
à lincapacité juridique de la femme mariée. Cette
loi présentée par la première femme élue à
lAssemblée législative du Québec, Claire
Kirkland-Casgrain, met fin à la soumission légale
de la femme mariée. Labolition de linfériorité légale
de la femme mariée ne signifiait pas pour autant légalité
des conjoints au sein du couple et de la famille, cette loi est la première
qui amorce la révision des assises légales du mariage et
de la famille, basés depuis plus dun siècle sur la puissance
maritale et paternelle et sur la soumission et la dépendance de
lépouse.
-
- Parution du Rapport Parent. Début
de la réforme du système déducation québécois
qui permet aux femmes un véritable accès aux études
postsecondaires et une diversification des choix de carrière. [Gazette
des femmes, janvier 2000, p. 22]
-
- 1966
- Fondation de la Fédération des
femmes du Québec. À loccasion du 25e
anniversaire du droit de vote des femmes québécoises, Thérèse
Casgrain et quelques collaboratrices organisent un colloque
« La femme du Québec. Hier et aujourdhui »
pour établir un bilan de la condition féminine au Québec.
Au cours de la séance de clôture, on vote à lunanimité
la fondation de la Fédération des
femmes du Québec. La charte est obtenue en 1966.
La nouvelle Fédération sera non confessionnelle et multiethnique
[Collectif Clio, Histoire des femmes au Québec
depuis quatre siècles, Le jour, 1992, p. 463-467].
-
22
septembre 1966
- Fondation de lAFÉAS [Association
féminine déducation et daction sociale] née
de la fusion de lUnion catholiques des femmes rurales (25 000 membres,
fondée en 1944) avec les Cercles
déconomie domestique (10 000 membres, fondés en 1952).
Selon le collectif Clio, « lassociation se révélera
une véritable tribune daction sociale ». Les membres
du premier exécutif élu de lAFÉAS sont : Germaine
Goudreault de Nicolet (UCFR), présidente; Bibiane
Laliberté de Shawinigan (CÉD), vice-présidente;
Azilda Marchand, femme daction avant-gardiste
y joue un rôle-clef avec les autres membres mesdames Donat
Mayrand de Dolbeau et Hervé
Bélanger de Mont-Laurier. (Plusieurs femmes
utilisaient encore le nom de leur mari.) [Lamoureux,
Diane et al., Femmes en mouvement. Trajectoires de lAFÉAS 1966-1991,
Boréal, 1993, p. 57, & Monet-Chartrand, Simone, Pionnières
québécoises et regroupements de femmes, dhier à aujourdhui,
Remue-ménage, 1990, p. 385-390. Voir
1915 & http://www.afeas.qc.ca]
-
- février 1967
- Le gouvernement du Canada institue la Commission
royale denquête sur la situation de la femme au Canada
également nommée Commission Bird du nom de sa présidente,
Florence Bird, une journaliste torontoise.
Pendant trois ans, la commission « va traquer le sexisme dans
des secteurs nouveaux ». Outre les 34 études commandées
sur des points particuliers dont au moins 7 sont effectuées par
des québécoises, elle recevra 469 mémoires, plus de
1 000 lettres et tiendra des audiences publiques durant 37 jours dans
14 villes où plus de 890 personnes viendront exposer leurs griefs.
« Malgré certaines réticences constitutionnelles,
les Québécoises participent largement au processus. »
[Lhistoire des femmes au Québec depuis quatre
siècles, Collectif Clio, p. 469. Monet-Chartrand, Simone.
Pionnières québécoises et regroupements de femmes,
p. 415]. [Vers dépôt
du rapport]
-
- 1968
- Le parlement fédéral adopte la loi
sur le divorce. Au Québec, avant cette date, le mariage
était à toutes fins utiles presque indissoluble. Au cours
des années qui suivent ladoption de cette loi, les divorces connaissent
une croissance vertigineuse : en 1969, on comptait 8,7 divorces pour
100 mariages, et en 1987, 44,8 divorces pour 100 mariages. Les divorces
dévoilent au grand jour les inégalités économiques
entre les époux et propulsent des milliers de femmes vers la pauvreté
avec leurs enfants. Voir 1986 pour les prochaines modifications à
la loi [LHistoire des femmes au Québec, p. 528].
Publication par le pape Paul VI de
lencyclique Humanæ Vitæ condamnant lusage des anovulants.
Signe de la perte de contrôle de lÉglise, bien peu de catholiques
obéissent aux prescriptions pontificales.
-
14
novembre 1968
- Établissement du mariage civil
au Québec.
- 1969
- La Société dacquêts
remplace le régime légal de la communauté de biens.
Désormais, les femmes se mariant sans contrat sont associées
à la vie économique de la famille; au moment de la dissolution
du régime, tout ce quun couple a acquis au cours dune union est
partagé entre les époux, alors que chacun conserve les biens
propres possédés avant le mariage ou reçus par don,
legs ou successions.
-
- Le Montréal Womens Liberation Mouvement est fondé
et appuie louverture de la première clinique du Dr
Henry Morgentaler. [Gazette des femmes,
janvier 2000, p. 27]
La nouvelle Loi de laide sociale est
adoptée. Cette loi, mise en application le 1er
novembre 1970, permet à des femmes chefs de familles
monoparentales de toucher des prestations sans avoir à se soumettre
aux humiliations de lancienne loi des mères nécessiteuses.
[Québec (Gouvernement du), Conseil du statut de la
femme. La lente progression des femmes, p 5.]
Le Front de libération des femmes du Québec
(FLF) « est reconnu comme le premier groupe autonome de femmes
militant du second souffle du féminisme québécois
(le premier souffle, au XXe siècle, remonte aux suffragettes).
Il fut formé à Montréal, à lautomne 1969,
pour se dissoudre deux ans plus tard, en décembre
1971. Le FLF a peu écrit pour publication.
Il a plutôt agi parfois spectaculairement et sensibilisé,
par ses actions, un nombre considérable de Québécoises
à leur condition dopprimées. Ces Québécoises
ont formé, à sa suite, dautres groupes autonomes de femmes,
partout en province. » [« Femmes scandales,
1965-1985 », Nouvelle Barre du Jour, p. 96 cité
dans Simone Monet Chartrand, Pionnières québécoises
et regroupements de femmes dhier à aujourdhui, p. 419]
Le groupe « vivra de très près la plus grande
partie des événements et conflits qui ont secoué le
Québec à ce moment-là : manifestations, campagne
électorale de 1970, crise doctobre,
emprisonnements pour certaines, appui à des grévistes, etc.,
avec le féminisme en plus! Les femmes du FLF vivront ces moments
avec un sentiment profond décartèlement, la grande question
étant : est-on premièrement femme ou premièrement
Québécoise? » Dans les années qui suivirent
lAnnée internationale des femmes en 1975,
le féminisme dinspiration marxiste cesse de constituer le pivot
du mouvement et fait place à un féminisme pluralisme. [Linteau,
Durocher et Robert, Histoire du Québec contemporain, p. 559
à 561 cité dans Simone Monet Chartrand, Pionnières
québécoises et regroupements de femmes dhier à aujourdhui,
Remue-Ménage, 1990, p. 420 à 429.]
Le Parlement décriminalise la contraception
et lhomosexualité. « Mais lavortement
demeure un crime : par mesure dexception, les avortements
pourront être pratiqués dans un hôpital sur autorisation
dun comité thérapeutique formé dau
moins trois médecins. » [Source :
Histoire des femmes au Québec, Collectif Clio, 1992, p. 542
et http://web.idirect.com/~cbctrust/CHRONOLO.PT1.html]
-
8
février 1970
- Le rapport de la Commission
Bird [institué en
février 1967]
sur la situation de la femme au Canada est déposé à
la Chambre des communes. Le rapport de 540 pages fait 167 recommandations ;
la Commission demande légalité pour les hommes et les femmes
dans tous les secteurs : fonction publique, armée, éducation,
responsabilités familiales, divorces, garderies, santé, etc.
En plus de mettre en évidence les problèmes vécus
par les femmes autochtones, elle révèle des données
inquiétantes sur la discrimination subie par les femmes et sur leur
pauvreté. « La Commission Bird, par les mémoires,
les rencontres et les réflexions quelle suscite, aura une influence
majeure sur larticulation de la pensée et de laction féministes
des années à venir. [
] La Fédération des femmes
du Québec (FFQ) publie un guide de discussion
utilisé dans presque tous les groupes féminins. LUniversité
de Montréal offre un cours du soir où les participants peuvent
se familiariser avec le Rapport ». [Lhistoire
des femmes au Québec, Collectif Clio, p. 469-471. Monet-Chartrand,
Simone. Pionnières québécoises et regroupements
de femmes, p. 414-416].
-
- 1971
- À loccasion du 8
mars, le Front
de Libération des femmes lance
une campagne nationale en faveur de lavortement libre et gratuit.
-
1er
mars 1971
- Droit des femmes à être jurées :
Au moment de la comparution de Lise Balcer
au procès du felquiste Paul Rose,
sept femmes, membres de la cellule « X
Action Choc » du Front de
libération des femmes (FLF) sautent dans le box des jurés,
scandant « Discrimination! » et « La justice
cest de la marde ». Elles appuient ainsi les arguments de Lise
Balcer exigeant que les femmes puissent être également
jurées si elles sont obligées dêtre témoins.
Elles eurent toutes des condamnations dun mois ou deux de prison par le
juge Marcel Nicols. En 1971,
seules les provinces de Québec et Terre-Neuve interdisaient aux
femmes dêtre jurées, la loi sera abrogée au Québec
quelque mois plus tard. [ La vie en Rose, no
du 10 mars 1983, note 2 du texte dAriane Emond, p. 54; Quiz
des femmes, Centre de documentation CEQ; Chartrand, Simone.
Pionnières québécoises et regroupements de femmes
dhier à aujourdhui, Remue-Ménage, p. 423]
-
- novembre 1971
- La cellule Journal
du Front de libération des femmes
publie le premier numéro de Québécoises
deboutte! Après la dissolution
du Front de libération des femmes, le groupe du Centre des femmes
reprendra la publication de Québécoises deboutte!
et publiera neuf numéros de novembre
1971 à mars
1974. Dans les années 1990,
les éditrices de Remue-Ménage ont publié lintégrale
de Québécoises deboutte! [Simone Monet
Chartrand, Pionnières québécoises et regroupements
de femmes dhier à aujourdhui, Remue-Ménage, 1990, p. 421]
-
- janvier 1972
- Le Centre des
femmes de Montréal est créé
à Montréal par deux ex-militantes du FLF (Front de libération
des femmes). Les militantes du centre organisent une clinique davortement,
forment le Comité de lutte pour lavortement libre et gratuit et
publient un manifeste pour une politique de planification des naissances.
Lors des grèves et des manifestations, elles affirment leur féminisme
et leur solidarité avec la lutte des travailleurs et des travailleuses.
[Monet-Chartrand, Simone. Pionnières québécoises
et regroupements de femmes, Remue-ménage, 1990, p. 423]
-
- 1973
- Création du Conseil du statut de la
femme (CSF) par le gouvernement du Québec, à la
suite des demandes du mouvement des femmes. Onze bureaux régionaux
desservent lensemble du territoire québécois. Depuis sa
création le conseil produit des rapports qui analysent tous les
aspects de la condition féminine et des avis qui orientent les politiques
gouvernementales pour améliorer les conditions de vie des femmes :
développement des services de garde à lenfance, services
dinterruption de grossesse, égalité juridique des époux,
fiscalité, formation, autonomie économique des femmes, équité
salariale, etc. Se sont succédé au poste de présidente :
mesdames Laurette Champigny-Robillard, Claire
Bonenfant, Francine C. McKenzie, Marie Lavigne, Thérèse Mailloux
(présidente par intérim) et en 1996,
Diane Lemieux.
-
Un groupe de femmes artistes ouvre une galerie à Montréal
sur la rue Saint-Dominique. Au départ, la galerie sest appelée
les Flamings Aprons [Les
tabliers enflammés], en 1974
la galerie change de nom pour Powerhouse.
Cest le premier centre dexposition multidisciplinaire pour les femmes
au Québec et au Canada et le deuxième en Amérique
du Nord [Chartrand, Simone Monet, Pionnières québécoises
et regroupements de femmes dhier à aujourdhui, Les éditions
du Remue-ménage. Le Quiz des femmes, Centrale de lenseignement
du Québec].
-
- (de 1973 à 1981) Fondation
du Théâtre des Cuisines
par Solange Collin, Carole Fréchette
et Véronique OLeary. Le collectif
regroupe des militantes féministes, des travailleuses, des chômeuses
et quelques comédiennes. Leur premier spectacle, Nous aurons
les enfants que nous voulons, prend position dans le débat sur
la contraception et lavortement ; le deuxième, Môman
travaille pas, a trop douvrage, aborde la question du travail ménager.
[Greffard, Madeleine, Jean-Guy Sabourin, Le Théâtre
québécois, Boréal express, 1997, p. 85]
-
- Claire LHeureux-Dubé
est la première femme nommée juge à la Cour supérieure.
Elle sera la première à être nommée à
la Cour dappel du Québec, en 1979
et à la Cour Suprême du Canada en 1987.
[Entreprendre, Hors Série N° 10, « Femmes :
100 Québécoises au sommet de laction », 1999,
p. 43]
-
- 1974
- Les femmes de lONF [Office
National du Film du Canada] lancent la série « En
tant que femmes » : des films sur les garderies,
les stéréotypes, lavortement, les femmes au foyer. Du jamais
vu sur les écrans québécois
et sur les plateaux de
tournage. Rejoignant un vaste public au moyen de la télévision
ces films, en plus de faire connaître les conditions de vie des femmes,
questionnent les attitudes sexistes et les politiques sociales [Collectif
Clio, Histoire des femmes au Québec, 1992, p. 570].
-
- Premier Comité de lutte pour lavortement et la contraception
libres et gratuits est formé de représentantes de la CEQ,
de lAssociation pour la défense des droits sociaux (ADDS) et du
Centre des femmes. Ce comité publie en 1974
le manifeste Nous aurons les enfants que nous voulons puis en 1975
un Dossier spécial. [Collectif Clio, Lhistoire
des femmes du Québec, p. 543 et Diane Lamoureux et al., Femmes
en mouvement. Trajectoires de lAFÉAS 1966-1991, Boréal,
1993, p. 65 et aussi les dates 1969, 1971,1972, 1973, 1978, 1988 et 1989]
-
23
septembre 1974
- 32 femmes de tous les coins du Canada arrivent à lÉcole
de la GRC [Gendarmerie royale du Canada] pour former
la première troupe de membres régulières depuis la
création de la Gendarmerie. Cette décision faisait suite
aux recommandations de la Commission royale denquête sur la situation
de la femme au Canada. La première tunique rouge (tenue de cérémonie)
remise aux membres féminins était assortie à une jupe,
des souliers à talons hauts et à un sac à bandoulière.
Depuis 1989 les membres régulières
portent le même uniforme que les hommes : stetson, tunique rouge,
culotte marine, bottes longues et ceinturon-baudrier. [Communiqué
sur le site internet de la Gendarmerie royale du Canada le 16 septembre
1999].
-
- octobre 1974
- Sur Marguerite Jean, s.c.i.m
(Congrégation des Surs du Bon-Pasteur de Québec)
est la première femme canadienne à détenir un doctorat
en droit canonique. Diplômée de lUniversité Saint-Paul,
à Ottawa, détentrice dune maîtrise en Sciences sociales
de lUniversité Laval de Québec et passionnée dhistoire,
elle est lauteure de Évolution des communautés religieuses
de femmes au Canada de 1639 à nos jours. [Marguerite
Jean, Évolution des communautés religieuses de femmes
au Canada de 1639 à nos jours, Fides, 1977, quatrième
de couverture.]
-
- 1975
- LOrganisation des Nations Unies déclare 1975
Année internationale de la femme ;
au Québec, ladoption de la Charte des droits et libertés
de la personne interdit officiellement, pour la première fois,
toute discrimination fondée sur le sexe. [Québec
(Gouvernement du), Conseil du statut de la femme. La constante progression
des femmes, 1995, p. 5]
-
- février 1975
- Les Éditions de la Pleine Lune,
sont nées
un soir de pleine lune, au mois de février de
lannée 1975. Du moins, cest là la date de lancement du
premier livre (Le Journal dune folle de Marie Savard).
« Deux événements concourent pour déterminer
les circonstances de fondation de la Pleine Lune »,
première maison dédition de femmes au Québec. Le
manuscrit le Journal dune folle de lauteure et poète Marie
Savard est refusé par les maisons dédition où
elle la présenté. Face à ces refus successifs « elle
regarde de près la composition des comités de lecture des
maisons approchées et remarque quaucune femme ny siège
[
] elle attribue ces refus successifs au manque de sensibilité
des comités de lecture aux sujets de femmes. Marie
Savard décide alors de combler cette lacune en fondant
une maison où lon ne retrouverait que des femmes à la direction. »
On est en 1975, le Secrétariat dÉtat du gouvernement fédéral
offre des subventions pour les projets reliés à la thématique
de lannée de la femme, et on se rappelle que « sous
le régime Trudeau, la mode est
au multiculturalisme »; pour satisfaire aux exigences du programme
daide Marie Savard réunit « cinq
femmes qui forment le noyau fondateur ». Autour de Marie
Savard : Ginette Nault,
imprimeure, Louise Petitclerc, Reuwena Ross
(anglophone) et Daphné Savides
(dorigine grecque). « La maison sera un lieu de diffusion pour
dautres femmes auteures se trouvant dans la même position et éprouvant
les mêmes difficultés à faire publier leur(s) manuscrit(s). »
En 1978, Marie Savard et Thérèse
Dumouchel, qui formaient léquipe de direction à
ce moment-là, « retournent à leur propre création »
et cest Marie-Madeleine Raoult, léditrice
actuelle qui prend la relève. « Avec ses soixante-sept
titres publiés entre 1975 et 1990, la Pleine
Lune fait très bonne figure en récoltant quatorze
prix littéraires. » Parmi les récipiendaires,
citons Nicole Houde, Jeanne-Mance Delisle, Pauline
Harvey, Jovette Marchessault, Yolande Villemaire, Esther Rochon
et Rosali Bertell. [Boisclair,
Isabelle. LÉdition féministe au Québec. Pleine
Lune et Remue-Ménage, 1975-1990, Mémoire de maîtrise
ès arts, Sherbrooke,1994, pp. 106-112, 132-133]
-
20
au
24
juin 1975
- Lise Payette présidente
du comité des fêtes de la Saint-Jean sentoure dune équipe
extraordinaire pour organiser sur le mont Royal « la plus belle
fête nationale de mémoire de Québécois, la Saint-Jean
75. » [Massicotte, Diane, Le Journal de Montréal,
25 juin 1975] Le soir du
23
juin 1975, la quatrième soirée des fêtes
est celle des femmes. « 15 comédiennes font le tour de
la question des femmes
conçu par Jacqueline
Barrette et mis en scène par Mouffe
[le spectacle] a soulevé toutes les facettes de la vie des femmes,
lhistorique de la moitié du monde. » [Massicotte,
Diane, Le Journal de Montréal, 24 juin 1975 in : Payette,
Lise, Des Femmes dhonneur. Une vie publique 1968-1976, Libre Expression,
1998, p. 191, 202].
-
- 1976
- Le GIERF [Groupe
interdisciplinaire pour lenseignement et la recherche sur les femmes]
est créé à lUniversité du Québec à
Montréal. Bien que depuis 1972-73 certains cours sur la condition
des femmes, notamment en sociologie et en histoire, aient été
dispensés, le groupe est né de la volonté dune quinzaine
denseignantes de créer un ensemble dactivités ayant pour
but la promotion de la condition féminine.
Profitant de mandats relatifs à lélaboration de programmes,
au développement de la recherche sur la condition des femmes et
à létablissement de liens avec les différents groupes
populaires de femmes le GIERF a réussi
à constituer à lUQAM [Université du
Québec à Montréal] lun des plus vastes champs
interdisciplinaires au Québec et au Canada sur la situation des
femmes et les rapports de sexe. En 1990, lIREF
[lInstitut de recherches et détudes féministes]
prend la relève et poursuit le travail amorcé par le GIERF.
[Source: Canadian woman studies/Les cahiers de la femme,
volume 6, numéro 1 et le site Internet de lUQAM].
-
- 1976
- Les Éditions du Remue-Ménage
sont fondées en 1976. Lidée
est lancée en août 1975
par un groupe de militantes constitué de Louise
Toupin, Raymonde Lamothe, Claire Brassard, Sylvie Dupont, Louise Vandelac,
Catherine Germain, Nicole Lacelle et Lise
Nantel. « Elles sont déjà engagées
dans des groupes militants, certaines au sein du FLF, dautres au Centre
des femmes, dautres encore au sein du Comité de lutte pour lavortement.
Ce sont là les racines des fondatrices des Éditions du Remue-Ménage.
Le premier lancement a lieu à loccasion du 8
mars 1976 pour la publication de la pièce Môman
travaille pas, a trop douvrage du Théâtre
des Cuisines. En novembre, elles pendent la crémaillère
pour inaugurer leur premier lieu de travail et lance trois livres. Aujourdhui
les choix éditoriaux du collectif couvrent tout le champ de lexpérience
des femmes. « Nous voulons que les recherches féministes
soient diffusées dans un langage accessible. Nous voulons que lécriture,
la littérature des femmes soit davantage répandue »
[Lisette Girouard, Les Éditions du Remue-Ménage,
La parole Métèque, no 6 p. 39, cité
p.154]. Parmi les auteures connues publiées chez Remue-Ménage,
nommons : Nicole Brossard, Louky Bersianik,
Simone Monet-Chartrand et Louise Cotnoir.
LAgenda des femmes est publié tous les automnes, « jalonné
de textes et de courtes réflexions. À chaque année,
ces textes abordent un nouveau thème qui reflète lévolution
des préoccupations féministes » [Boisclair,
Isabelle, LÉdition féministe au Québec. Pleine
Lune et Remue-Ménage, 1975-1990, Mémoire de maîtrise
ès arts, Université de Sherbrooke, 1994, pp. 145-175].
-
- mars 1976
- En mars paraît le premier numéro de la revue Les
têtes de pioche. La revue sera publiée jusquen
juin 1979. Fondée par un collectif
décrivaines, la revue comptera parmi ses collaboratrices Nicole
Brossard, Madeleine Gagnon et France
Théorêt. [Boisclair, Isabelle. LÉdition
féministe au Québec : les éditions de la Pleine
Lune et les éditions du Remue-Ménage, 1975-1990, Mémoire
de maîtrise, Sherbrooke, 1994].
-
- Présentée sur la scène du Théâtre
du Nouveau Monde, la pièce La nef de sorcières
marque une étape importante de la prise de parole féministe.
Ces textes commandés par les comédiennes à un collectif
dauteures brisent le silence qui entoure le vécu des femmes :
« À elles seules, elles prennent toute la place de mots
possibles pour faire surgir lintime de leur travail, de leurs désirs,
de leurs corps, de leur humiliation, de leur révolte, de leur lassitude
»
[Guilbault, Luce, Marthe Blackburn, France Théoret,
Odette Gagnon, Marie-Claire Blais, Pol Pelletier, Nicole Brassard, La
nef des sorcières, lHexagone, Typo, 1992. & Greffard, Madeleine
et Jean-Guy Sabourin, Le Théâtre québécois,
Boréal express, 1997, p. 86.]
-
- juillet 1976
- La chambre nuptiale de lartiste montréalaise Francine
Larivée est exposée au Complexe Desjardins. Concept
inusité une vaste sculpture dans laquelle le public pénètre
dans lhistoire de la pratique artistique du Québec, luvre gigantesque
à laquelle a travaillé une équipe dune centaine de
personnes pendant deux ans met en lumière les difficultés
des rapports de couple, la consommation du corps-objet féminin,
loubli de soi par la soumission aveugle aux diktats socioreligieux consacrant
le mariage. Luvre monumentale est présentée à nouveau
la même année dans un centre commercial à Laval, lannée
suivante au pavillon du Québec à Terre des hommes et en 1982
dans le cadre de lexposition Art et féminisme au Musée
dart contemporain de Montréal. [Couëlle, Jennifer,
in : Ces femmes qui ont bâti Montréal, Édition
du Remue-ménage, 1994, p.449-450. Lhistoire des femmes au Québec,
Collectif Clio, Le jour, 1992, p. 565; voir avril
1982 et ce
site]
-
15
novembre 1976
- Le Parti québécois est majoritaire à lélection
de novembre. Le parti de René Lévesque
a réussi à faire élire 4 femmes à lassemblée
nationale. Avec Lise Payette, vedette
de la télévision, Louise Sauvé
Cuerrier, Jocelyne Ouellet et Denise
Leblanc-Bantey.
-
- 1977
- La notion dautorité parentale
remplace celle de puissance paternelle qui disparaît du Code civil.
Avant cette date, la signature de la mère nétait pas requise
juridiquement pour toutes les décisions relatives aux enfants. Disparaît
aussi la notion denfants illégitimes [LHistoire
des femmes au Québec, p. 528 et 533].
-
2
avril 1977
- 2 000 femmes défilent dans les rues de Montréal pour
le droit à lavortement libre et gratuit. [Voir aussi
les dates 1969, 1971,1972, 1973, 1974, 1978, 1988 et 1989]
-
- 1978
- Fondation de lInstitut Simone de Beauvoir
à lUniversité Concordia de Montréal est fondé
par Maïr Verthuy. Institution
féministe, lInstitut Simone de Beauvoir
propose des programmes interdisciplinaires qui « englobent et
modifient tous les champs du savoir », contribuent à
la croissance féministe et ouvrent de nouvelles perspectives sur
la société. [Canadian woman studies/Les
cahiers de la femme, volume 6,numéro 1. / Université
Concordia.].
-
Première publication de lAgenda des femmes qui allait créer
une tradition de publications à succès pour les Éditions
du Remue-Ménage.
-
- Le gouvernement du Parti québécois, sous la pression
des militantes féministes, crée des cliniques
de planning des naissances dotées de services davortement
appelées « cliniques Lazure » du nom du ministre
de la Santé dalors. En agissant ainsi, le gouvernement du Québec,
nayant aucun pouvoir en matière de législation pour décriminaliser
lavortement, fait porter son intervention sur laccessibilité du
service aux femmes. [Collectif Clio, Histoire des femmes
au Québec, Le Jour, éditeur, 1992, p. 544 .Voir aussi
les dates 1969, 1971,1972, 1973, 1974, 1978, 1988 et 1989]
-
- juin 1978
- Adoption par lAssemblée nationale du Projet de loi nº
43 qui modifie la Loi sur le salaire minimum et institue un congé
de maternité payé de dix-huit semaines pour les
québécoises salariées. Depuis 1971,
le programme fédéral dassurance-chômage accordait
aux travailleuses salariées admissibles quinze semaines de prestations
de maternité. Le projet de loi adopté par le gouvernement
du Québec protège lemploi de ces travailleuses. Le programme
dallocation de maternité entre en vigueur le
1er
janvier 1979. [Huguette, ONeil, Belle-moue,
Triptyque, 1992, p.50-60. Lhistoire des femmes au Québec,
Le Jour, 1992, p.508-510]
-
20
septembre 1978
- Le Conseil du statut de la femme
dépose son rapport. Pour les québécoises : égalité
et indépendance. Le rapport de plus de 350 pages « allait
faire la somme des revendications des Québécoises à
la fin des années [19]70
et projeter limage dun lien nécessaire entre lutte nationale et
lutte des femmes ». Pour faire suite aux 306 recommandations
pour létablissement dune « politique densemble de
la condition féminine » le gouvernement de René
Lévesque décide de faire de ce rapport sa politique
en matière de condition féminine et met sur pied un Secrétariat
à la condition féminine chargé de sa mise
en uvre . [Lhistoire des femmes au Québec,
Collectif Clio, p. 479].
-
14
novembre 1978
- À Montréal, au Théâtre du Nouveau Monde
(TNM), première représentation de la pièce de Denise
Boucher Les Fées ont soif soutenue et applaudie
par un public féminin enthousiaste après avoir subi la censure
du Conseil des arts de la région métropolitaine et les réactions
de colère de la droite laïque catholique. La pièce mettant
en scène une Vierge Marie statufiée dénonce les rôles
traditionnels réservés aux femmes, soit ceux de la vierge,
de la mère et de la putain. [Greffard, Madeleine et
Jean-Guy Sabourin, Le théâtre québécois,
Boréal express 1997, p. 88, & dossier de presse in :
Boucher, Denise, Les fées ont soif, les éditions Intermède,
1978]
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- février 1979
- Fondation du Regroupement provincial des maisons
dhébergement et de transition pour femmes victimes de violence
conjugale. Une dizaine de maisons en 1976, elles sont 23 en
1978 et plus de 50 en 1997 réparties à travers le Québec.
On y accueille gratuitement les femmes victimes et leurs enfants [Lacombe,
Madeleine. Au grand jour, Éditions du Remue-Ménage,
1990, p. 76-77].
Pol
Pelletier fonde le Théâtre
expérimental des femmes avec Nicole
Lecavalier et Louise Laprade
suite à une rupture avec le Théâtre
expérimental de Montréal dont elle était
cofondatrice. Elle quittera le TEF en 1985. Elle raconte son expérience
dans un spectacle solo Joie. [Pelletier, Pol. Joie,
Éditions du Remue-ménage et les Cahiers de théâtre
Jeu, no 65, décembre 1992. Site http://cam.org/~samasati].
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- 1979
- Lise Payette devient la première
femme à occuper le poste de ministre à
la Condition féminine.
Le Conseil du statut de la femme lance
une publication gratuite : La Gazette des
femmes, nom dun journal féministe français du
XIXe siècle. Cette publication gratuite constitue rapidement
un point dancrage important pour tous les groupes de femmes du Québec.
Une journaliste trop tôt disparue, Catherine
Lord « lui a donné une impulsion significative »
[Lhistoire des femmes au Québec depuis quatre
siècles, Coll. Clio, p. 577]. Aujourdhui, en 1997,
léquipe éditoriale maintient la revue à la fine pointe
de lactualité en matière de condition féminine. La
gratuité est tombée; on peut sabonner et la revue est en
vente dans les kiosques à journaux.
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- Claire LHeureux-Dubé est
la première femme nommée juge à la Cour dappel du
Québec. En 1987 elle sera nommée
à la Cour suprême du Canada.







Dernière
mise à jour : 31 août 2001, 12h05 HAE.