






1900
- Fondation des Caisses populaires Desjardins :
Dorimène Roy Desjardins est
co-fondatrice avec son mari Alphonse
des Caisses populaires Desjardins. « Sans elle, reconnaissons-le,
les caisses populaires Desjardins nexisteraient probablement pas. »
(Journal lAction catholique, lors
de son décès, le 14 juin 1932.)
[LHistoire des femmes au Québec. Le Collectif
Clio. Le Jour, 1992.]
-
- À partir de cette date, il nest plus possible
pour une femme de suivre un cours de médecine au Québec,
et ce jusquen 1918. La faculté
de médecine de lUniversité Bishop, qui acceptait les femmes,
se fusionne à la faculté de médecine de lUniversité
McGill, qui leur est fermée. [« Entreprendre »,
hors série, nº 10, Femmes : 100 Québécoises
au sommet de laction, 1999. Voir 1888,
1911, 1918, 1922.]
-
- 1902
- Marie Gérin-Lajoie publie
un ouvrage de vulgarisation et de simplification du droit civil et constitutionnel :
Traité de droit usuel. [LHistoire
des femmes au Québec. Le Collectif Clio. Le Jour, 1992.]
-
Anne Greenup
fonde le Coloured Womens Club de Montréal
avec six autres femmes nées aux États-Unis. [Voir
article in Le Devoir, mercredi 27 février 1998].
-
- 1902 1909
- Le Journal de Françoise,
fondé par Robertine Barry une
des premières femmes canadiennes-françaises journaliste,
elle était déjà chroniqueuse au journal La Patrie
de Montréal. Avant-gardiste « Françoise
approuve sans équivoque et elle fut sans doute la première
à le faire au Québec la décision de nombre de femmes
et de jeunes filles de ne plus vivre au crochet de leur époux ou
de leur famille et de quitter le foyer pour gagner elles-mêmes ce
dont elles ont besoin pour vivre. » [Aurélien
Boivin et Kenneth Landry, Françoise et Madeleine, pionnières
du journalisme féminin au Québec, Atlantis, vol. 4, no1,
automne 1978, p. 65 cité in : Isabelle Boisclair, LÉdition
féministe au Québec : les éditions de la Pleine
Lune et les éditions du Remue-Ménage 1975-1990, sept.
1994, Mémoire de maîtrise présenté à
lUniversité de Sherbrooke] Féministe et visionnaire,
en 1895, elle écrivait dans une chronique portant sur laccès
des femmes à luniversité : « Patience, pourtant,
cela viendra. Je rêve mieux encore, je rêve, tout bas, que
les générations futures voient un jour, dans ce XXe
siècle quon a déjà nommé le siècle
de la femme , quelles voient, dis-je, des chaires universitaires
occupées par des femmes. » [Histoire
des femmes au Québec depuis quatre siècles, Collectif
Clio, p. 613] (Voir aussi à la Bibliothèque
nationale du Canada).
-
- 1903
- Eva Circé-Côté
(1871-1949) fonde la Bibliothèque
municipale de Montréal, après de nombreuses démarches
auprès des autorités municipales et malgré les réticences
de larchevêque Mgr Bruchési.
Dabord une bibliothèque technique sise au Monument national dont
elle est la première conservatrice, plus tard, elle en sera bibliothécaire
adjointe avec Hector Garneau. [Lévesque,
Andrée. Ces femmes qui ont bâti Montréal, Édition
du remue-ménage, 1994, p. 148-149. Voir
aussi 1916]
-
5
septembre 1903
- Irma Levasseur [1878-1964]
obtient lautorisation dêtre admise au Collège des médecins
et chirurgiens du Québec grâce à un projet de loi [bill
privé] émanant dun député de lAssemblée
législative du Québec. Elle est la première Canadienne
française habiletée à pratiquer la médecine
au Québec, elle se tourna alors vers la pédiatrie, science
à peu près inconnue chez nous. Aucune de nos facultés
de médecine nadmettait les femmes, elle dut aller étudier
à luniversité Saint-Paul du Minnesota aux États-Unis.
Irma Levasseur est à lorigine
de lhôpital Sainte-Justine de
Montréal avec madame Justine Lacoste-Beaubien
et en 1923, avec deux collègues,
elle fonde lhôpital de lEnfant-Jésus
de Québec. [Prévost, Robert. Québécoises
dhier et daujourdhui, p. 144-145].
-
- février 1905
- À Québec naît une première « Goutte
de lait » à la suite de linitiative de la supérieure
des Surs du Bon Pasteur, sur Marie-de-Saint-Vincent-de-Paul
et de la collaboration dun pédiatre, le Dr René
Fortier. Pour lutter contre le taux élevé de mortalité
infantile, on y prodigue des conseils aux jeunes mamans qui reçoivent
des feuillets d« instruction » sur la technique
de lallaitement maternel qui est recommandé, du sevrage et de lallaitement
artificiel. On y distribue aussi du lait de vache dont la salubrité
a été contrôlée. Voué à une clientèle
urbaine, lorganisme mettra fin à ses activités en 1908
lors du déménagement de la crèche à
la campagne et renaîtra en 1915.
(Voir 9 avril 1915). [Dr
de la Broquerie-Fortier. « Les Gouttes de lait
à Québec. 1905-1970 ». in : Cap-Aux-Diamants.
La revue dhistoire du Québec. N° 28, hiver 1992, p. 52-55].
-
- 1907
- Fondation de la Fédération nationale
Saint-Jean-Baptiste, première organisation féministe
francophone catholique fondée par Marie
Gérin-Lajoie et Caroline Béique.
La fédération regroupe les associations féminines
de tous ordres et polarise son action autour des uvres de charité,
des uvres économiques et des uvres déducation. Le catholicisme
et la question nationale font dériver les réformistes libérales
francophones vers le féminisme chrétien. Au Conseil local
des femmes de Montréal (MLCW) elles sont partagées entre
leurs croyances religieuses et nationales et leur réformisme. « La
fédération ouvre malgré tout la voie à la libération
des femmes sur le plan politique et juridique, en menant des luttes importantes
dans ces deux champs daction. » [LHistoire
des femmes au Québec. Le Collectif Clio. Le Jour, 1992.]
-
- 1908
- Fondation de lhôpital Sainte-Justine de Montréal par
Justine Lacoste-Beaubien. À
lappel de Irma Levasseur, première
femme médecin du Québec, atterrée par le taux élevé
de mortalité infantile chez les Canadiens français et par
le manque despace dans les hôpitaux catholiques, où lon
refuse les enfants de moins de cinq ans, un comité se réunit
en mai 1907 pour étudier ce
projet. On retrouve dans le premier comité honoraire les noms des
grandes bourgeoises montréalaises : mesdames Caroline
Béique, Joséphine Dandurand, Marie Thibaudeau, Marie Gérin-Lajoie
et madame Leman. Afin dêtre
en mesure de gérer lhôpital, ces femmes doivent demander
au Parlement québécois dêtre relevées de leur
incapacité juridique, ce que leur permettra lincorporation. [LHistoire
des femmes au Québec. Le Collectif Clio. Le Jour, 1992.]
-
- LÉcole
denseignement supérieur pour
jeunes filles ouvre ses portes en octobre. Cest le premier collège
classique pour fille qui est créé à Montréal
par Mère Sainte-Anne-Marie de
la Congrégation de Notre-Dame. Il lui a fallu convaincre les supérieures
de sa communauté, le clergé, le Comité catholique
de lInstruction publique et lUniversité Laval qui doit accorder
laffiliation. Après lannonce de la création de louverture
dun lycée pour jeunes filles qui serait tenu par des laïcs,
le clergé autorise le projet de la religieuse qui y travaillait
depuis plus de 5 ans. En 1926, lécole
prendra le nom de Collège Marguerite-Bourgeoys.
-
- 1911
- Marie Gérin-Lajoie, fille
de la féministe du même nom est la première diplômée
de lÉcole denseignement supérieur pour jeunes filles. Elle
obtient la première place lors des examens du baccalauréat,
devançant tous les candidats inscrits. On refuse cependant de faire
connaître publiquement son succès, car il ne semble pas convenable
quune jeune fille se soit classée devant les garçons.
-
- La Faculté de droit de lUniversité
McGill ouvre ses portes aux femmes. [Voir 1888,
1900, 1918, 1922.]
-
- 1912
- LAssistance maternelle :
devant labsence de secours aux mères nécessiteuses, une
femme, Caroline Leclerc-Hamilton, démarre
lAssistance maternelle. Luvre veut soigner et secourir la mère
pauvre, avant, pendant et après la naissance de son enfant. En 1936,
cette uvre donne des soins à 4 294 mères accouchées.
-
La Montreal Suffrage Association
est fondée par Carrie Derick.
Le mouvement travaille à lobtention du droit de vote des femmes
au fédéral.
-
- 1913-1958
- La bonne parole, journal fondé
par Marie Gérin-Lajoie et Mme
François-Ligori Béique
se présente comme un organe officiel de la Fédération
nationale Saint-Jean-Baptiste ayant pour but de faire jouer
pleinement le rôle patriotique des femmes au Canada français.
Parmi les collaboratrices de la première heure, on retrouve Anne-Marie
Gleason (Madeleine Huguenin),
qui fondera La revue Moderne en 1919.
[Boisclair, Isabelle. Lédition féministe
au Québec. Pleine Lune et Remue-Ménage, 1975-1990, p. 80.
Voir aussi http://www.nlc-bcn.ca/digiproj/women/fwomen1e.htm]
-
-

28
juin 1914
- Première Guerre mondiale.
-
7
juillet 1914
- Les examinateurs du barreau de la province de Québec refusent
la demande dadmission dAnnie Macdonald Langstaff
(1887-1975) première femme diplômée
de la faculté de droit de lUniversité McGill.
-
- 1915
- Fondation des Cercles des Fermières
sous les auspices du ministère de lAgriculture pour contrer lexode
rural. Mouvement florissant qui soccupe dagriculture, dartisanat, de
problèmes ruraux et sociaux et reçoit octrois et services
du ministère. Le mouvement se maintiendra jusquà aujourdhui
malgré les obstacles suscités par lépiscopat du Québec
qui souhaitait lintégrer dans les groupes diocésains dans
les années 1940. [Lamoureux,
Jocelyne, et al., Femmes en mouvement. Trajectoires de lAssociation
féminine déducation et daction sociale, AFEAS 1966-1991,
Boréal, 1993, p. 20-22. & http://www.cfq.qc.ca]
-
9
avril 1915
- Madame Jules Tessier et 32 dames
de la haute société francophone et irlandaise de la ville
de Québec procèdent à la fondation de lAssociation
québécoise de la « Goutte de lait ».
Le but de luvre, subventionnée par les pouvoirs publics et les
dons privés, est linstruction des mères en hygiène
infantile par des consultations et des conférences publiques données
par des médecins. On y distribue aussi des biberons de lait stérélisé
aux familles les plus nécessiteuses. [Dr de la Broquerie-Fortier.
« Les Gouttes de lait à Québec.
1905-1970 ». in : Cap-Aux-Diamants. La revue dhistoire
du Québec. N° 28, hiver 1992, p. 52-55].
-
- 1916
- Eva Circé-Côté
(1871-1949) est journaliste à
lhebdomadaire des syndicats internationaux, Le monde ouvrier dès
sa fondation. Dans ses chroniques, sous le pseudonyme de Julien Saint-Michel,
elle critique ladministration municipale, dénonce les injustices
économiques et sociales, fait la promotion de la formation professionnelle
pour les filles et les garçons, réclame le suffrage féminin,
lamélioration de la condition des femmes et fustige le racisme.
[Lévesque, Andrée Ces femmes qui ont bâti
Montréal, Remue-ménage, 1994, p. 148-149 ;
voir 1903]
-
- Mars 1916
- Emmeline Pankhurst (1858-1928),
célèbre militante anglaise pour le droit de vote des femmes,
est de passage à Québec et y fait un discours féministe
très remarqué qui provoque lindignation du journaliste de
lAction catholique. [Laction catholique,
Québec, mardi 7 mars 1916, p. 1 in Gallichan, Gilles. Les
Québécoises et le barreau, Septentrion 1999 p. 43-44.]
-
- 1917
- Droit de vote au fédéral :
les femmes qui ont un lien de parenté avec une personne ayant servi
ou étant en service dans les forces armées canadiennes ont
le droit de voter au élections fédérales.
-
- 1918
- Droit de vote des femmes au fédéral :
le droit de vote au fédéral est étendu à toutes
les Canadiennes.
-
- La faculté de médecine de lUniversité
McGill ouvre ses portes aux femmes. [Voir 1888,
1900, 1911, 1922.]
-
- 1919
- Loi du salaire minimum pour les
femmes. Le gouvernement du Québec passe une loi qui institue des
minimums aux salaires des femmes. Celle loi ne sera pas appliquée
avant la mise sur pied dune commission instituée en 1925. La commission
arrête à 12,20 $ par semaine ou 634,40 $ par année
le salaire minimum après avoir établi le coût de la
vie pour une femme célibataire entre 10,35 $ et 19,81 $
par semaine. Le premier règlement de la commission entre en vigueur
en 1928, il sapplique à 10 189 femmes au travail dans trente-neuf
filatures. Lemployée expérimentée comptant plus de
vingt-quatre mois dancienneté doit recevoir au moins 12,00 $
par semaine pour cinquante-cinq heures de travail. « Pour tromper
les inspecteurs, on utilise toutes sortes de tactiques, comme celle de
classer comme apprenties des ouvrières expérimentées,
ou encore celle de forcer deux ou trois femmes de la même famille
à poinçonner la même carte de présence, de sorte
quun seul salaire soit versé pour le travail exécuté »
[LHistoire des femmes au Québec, p.291].
-
- 1921
- Le Comité provincial du suffrage féminin
fondé par Marie Gérin-Lajoie
et madame Walter Lyman rassemble des
femmes francophones et anglophones pour prendre la relève de la
Montreal Suffrage Association. Thérèse
Casgrain devient lors de sa fondation un des piliers du mouvement
féministe dans la lutte pour le droit de vote des femmes au provincial.
La lutte sera longue et rude car les suffragettes se heurtent constamment
à lopposition des autorités civiles et religieuses.
-
- 1922
- Affiliation à lUniversité de Montréal de lÉcole
dinfirmières de lHôpital Notre-Dame organisée par
les Surs Grises en 1898. [DAllaire,
Micheline, Les communautés religieuses de Montréal,
Tome 1, Les communautés religieuses et lassistance sociale à
Montréal. 1659-1900, p. 98]
-
- Le premier « bill sur le suffrage
féminin » est présenté à lassemblée
nationale par Henry Miles. La presse
catholique et Mgr Paul-Emile Roy,
évêque coadjuteur de Québec sopposent à ce
projet de loi avec énergie. Mgr
Roy parle dattentat contre les traditions fondamentales de
notre race et de notre foi (sic) ! [Gallichan,Gilles,
Les Québécoises et le barreau. Lhistoire dune difficile
conquête 1914-1941, Septentrion, 1999, p. 69.] Une
pétition signée par des milliers de femmes demande au lieutenant-gouverneur
de la province de Québec et au Parlement de ne pas prendre en considération
le projet du suffrage féminin. Cette initiative soutenue par le
clergé narrêtera pas laction des féministes mais
permettra pendant longtemps aux traditionnalistes de repousser la réforme
électorale en déclarant que les femmes elles-mêmes
ne souhaitent pas exercer ce droit de vote. [Ibid., p. 19-20.]
-
- La faculté dart dentaire de lUniversité
McGill ouvre ses portes aux femmes. [Voir 1888,
1900, 1911, 1918.]
-
- 1923
- Irma Levasseur, première
femme médecin francophone au Québec, fonde lHôpital-de-lEnfant-Jésus
de Québec. Lhôpital est voué à la lutte contre
la mortalité infantile et à la protection de la santé
des enfants pauvres. Depuis le 29 avril 1998,
une plaque commémorative marque le 75e anniversaire de
la fondation. [Landry, Pierre-Éric. in À
vos plumes, à vos souris. Femmes-Plus, février 2000.
Voir 1903.]
-
- 1926
- Ligue de la jeunesse féminine :
fondée par Thérèse Casgrain,
la ligue réunit des bénévoles qui soccupent de travail
social. Elle démontre son esprit dindépendance lorsquelle
refuse dy adjoindre un aumônier.
-
- 1927
- Il y a scission au sein du Comité provincial pour le suffrage
féminin (1921). Naît alors
lAlliance canadienne pour le vote des femmes
au Québec, avec à sa tête, Idola
Saint-Jean. En 1928, Thérèse
Casgrain devient la présidente du Comité provincial
et en 1929, elle lui donne le nom de
Ligue des droits de la femme [« Entreprendre »,
hors série nº 10. Femmes : 100 Québécoises
au sommet de laction, 1999.]
-
- 1929
- Le premier ministre Louis-Alexandre
Taschereau crée la Commission
Dorion, commission denquête sur les droits civils des
femmes. Cette commission « ainsi nommée daprès
le juge très catholique qui la préside, se compose de quatre
juristes masculins et francophones, en dépit des demandes dy inclure
une femme. Elle tient deux audiences publiques, une à Montréal
et une à Québec, et reçoit de nombreuses soumissions
écrites. » Les seize recommandations du rapport sont
« très peu innovatrices » [LHistoire
des femmes au Québec. Le Collectif Clio. Le Jour, 1997, p. 351-353].
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18
octobre 1929
- Après un long débat juridique et politique, le Comité
judiciaire du Conseil privé de Londres décrète que
le mot « personne » sapplique
aux deux sexes. Cela mettait fin à une polémique
soulevée en 1918 par un avocat
comparaissant à la cour du juge Emily Murphy,
dAlberta, linformant que ses jugements étaient illégaux
parce que selon le droit coutumier britannique, elle nétait pas
une « personne » [Lincroyable histoire
de la lutte que quelques-unes ont menée pour obtenir le droit de
vote pour toute. Pièce de théâtre écrite
par Jocelyne Beaulieu, Josette Couillard, Madeleine Greffard, Luce Guilbeault.
VLB éditeur, p. 33]. Avant cette date, les femmes nétaient
pas admises au Sénat parce que le gouvernement canadien interprétait
que le mot « personne » dans lActe de lAmérique
du Nord britannique, nincluait pas les femmes [Quiz des
femmes. Centrale de lenseignement du Québec].
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Dernière
mise à jour : 16 septembre 2000, 16h31